Alexandre Benalla, seul degré de séparation entre Emmanuel Macron et un fiché S ?

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La présence d’Alexandre Benalla près d’anciens hauts responsables américains tel l’ancien Secrétaire d’Etat John Kerry pendant la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron avait dès la révélation de l’affaire fortement étonné.

Considérant les critères sévères de l’administration fédérale américaine en vue de donner autorisation à un simple civil, qui plus est étranger, le droit de se trouver en proximité d’un individu tel que Kerry, se demande-t-on encore par quel miracle Alexandre Benalla – « bagagiste » selon le ministre Christophe Castaner, rappelons-le – a pu y être autorisé alors que son employeur Emmanuel Macron n’était plus ministre et pas encore président.

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Aussitôt s’est-on interrogé : y’a-t-il une faille au sommet de la sécurité nationale et/ou diplomatique américaine ? Pire, cette faille est-elle française ?

Cette question se repose avec plus d’acuité encore après que la police aux frontières (PAF) a constaté quelque proximité au moins oratoire de M. Benalla avec un individu fiché S en gare de Saint-Pancras à Londres. Si ces faits sont avérés et qu’il ne s’agit pas d’une rencontre fortuite, cela indiquerait que seul un degré de séparation distancie le chef de l’Etat français d’individus connus défavorablement de nos organes de sécurité et de renseignement.

Dans le contexte de la « guerre contre le terrorisme » et après la proximité avérée entre l’ex-garde du corps Makao et le logeur de Daech Djawad Bendaoud, de telles relations mêmes lointaines constituent un développement inédit dans les rouages de notre sécurité nationale.

Considérant combien il est par principe impossible d’accéder à quelque information sensible ou d’être en proximité du chef de l’Etat même un instant sans avoir été dûment vérifié, ce plus bas degré de séparation pose la question d’une possible faille de sécurité nationale au plus haut niveau de l’Etat.

Comment un individu à double nationalité potentielle (1), sans états de service spécifiques connus et visiblement en lien présumé même fortuit avec des fichés S, a-t-il été autorisé à travailler en proximité permanente du chef de l’Etat et à recevoir une habilitation « secret défense » ?

Si cette question peut sembler nébuleuse aux lecteurs profanes, les « anciens » la comprendront. Le Sénat et son président Gérard Larcher devraient au plus vite s’assurer en toute indépendance du pouvoir exécutif que l’intégrité de l’Etat, à tous les niveaux, est sauve et imperméable à toute influence extérieure et/ou (potentiellement) hostile.

Pour conclure, soit les actions de M. Benalla résultent d’états de service exceptionnels, mais son comportement et ses propos rendent improbable une telle hypothèse ; soit quelque faille béante (2) existe ou a existé au plus haut niveau de l’Etat.

Lire aussi « Exposé personnellement », Alexandre Benalla travaillait quand même à l’Elysée !?

Notes

(1) S’il ne détient apparemment pas la nationalité marocaine, il est en mesure de l’obtenir considérant qu’il est né de parents marocains. Cette possibilité est la plupart du temps prise en compte lors de l’obtention d’une habilitation.

(2) Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a lui-même affirmé ne pas connaître Alexandre Benalla. Considérant l’omniprésence de ce dernier autour d’Emmanuel Macron, quelque inquiétude paraît donc amplement justifiée.

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