Affaire Benalla : une tache sur la “République inaltérable” !

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Contributeur
Alain Houpert est Sénateur de la Côte-d'Or, membre de la Commission des Finances, et du Bureau politique Les Républicains (LR).

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Après la garde à vue, le licenciement : l’Elysée se sépare enfin d’Alexandre Benalla, ce collaborateur employé au service de la sécurité présidentielle, coupable de violence sur des manifestants le 1er mai dernier, mais aussi « d’usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection ».

Une issue attendue tant l’affaire Benalla prend d’heure en heure et de révélations en révélations, des allures de scandale d’État. Un scandale dans une République présidentielle où, pour une fois, la communication et le marketing seront impuissants.

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L’épisode Benalla appelle une première question : l’Elysée a-t-il tenté d’étouffer l’affaire ? La sidération muette de l’équipe présidentielle, les explications embrouillées du ministre de l’Intérieur, les fuites verbales du Premier ministre n’y changeront rien : l’Elysée savait.

La mise à pied de 15 jours d’Alexandre Benalla est la preuve qu’au plus haut sommet de l’État, on a vu cette vidéo choquante d’un colosse, se faisant passer pour une policier, molester une femme et tabasser un manifestant. On savait. Et alors que la loi prévoit qu’un tel délit doit être signalé à la justice, on a choisi une sanction plus symbolique que réellement efficace. Pire encore : Alexandre Benalla était dans le bus des Bleus sur les Champs-Élysées, un honneur qui aurait dû être réservé aux plus méritants des serviteurs de notre pays.

Les révélations menés par les médias sur la personnalité et le parcours d’Alexandre Benalla font froid dans le dos et appellent une deuxième question : comment un tel barbouze a-t-il pu intégrer le premier cercle du Président ? Signalé pour des faits de violence, qualifié de « Rambo » par les officiers de sécurité du Service de la Protection, Alexandre Benalla s’était vu refuser durant la campagne présidentielle un permis de port d’armes par le ministère de l’Intérieur (permis accordé après l’élection d’Emmanuel Macron !).

Dans son passé, on trouve aussi cet épisode désastreux alors que Benalla était chauffeur d’Arnaud Montebourg : coupable d’avoir provoqué un accident de la route, « il voulait prendre la fuite » a raconté l’ancien ministre. Des violences envers des journalistes (de Public Sénat notamment), ou des opposants à Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle refont surface. Autant de faits qui auraient dû d’emblée l’écarter de toute fonction auprès d’un candidat à l’Elysée, encore plus auprès du Président ! Quel sésame possède donc Benalla pour se faire ainsi ouvrir toutes les portes ?

Il y a au moins une chose positive qui sortira de cette affaire lamentable : le rôle indispensable de la presse. A l’heure de la loi anti-fake news, « machin » bricolé pour museler les journalistes et remplacer l’information par la communication, le scandale Benalla vient rappeler que dans une démocratie digne de ses valeurs, le pouvoir peut et doit être observé, critiqué et ses actions rendues publiques par une presse libre.

Je sais pouvoir compter sur mes collègues sénateurs de la commission des Lois qui auditionnent la semaine prochaine Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur sur cette affaire, pour faire toute la lumière sur ce qui restera comme une tache sur la « République inaltérable » chère à notre Président.

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Alain Houpert

Alain Houpert est Sénateur de la Côte-d'Or, membre de la Commission des Finances, et du Bureau politique Les Républicains (LR).

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