Terrorisme islamiste : Non, les pouvoirs publics ne contrôlent pas la situation

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Francis Demay est Saint-Cyrien et Colonel (er), ancien de la MMFL et de la DGSE.

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Une vie donnée ne peut pas être une vie perdue“. Cette phrase prononcée lors du dimanche des Rameaux, en l’Eglise Saint-Etienne de Trèbes, doit rester graver dans la mémoire des Français.

Le comportement héroïque et spontané du Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame illustre, parfaitement et cruellement, le sens du devoir, et magnifie le verbe “servir”. Les trois autres victimes font, bien sûr, partie de cet hommage rendu “Aux morts !”

De nombreux débats ont occupé les médias, sans apporter d’éléments nouveaux, sur la question du suivi des “fichés S”. La menace terroriste présente une ubiquité très forte, pratiquement insaisissable. Il appartient au gouvernement, sans délai, de déclarer la guerre à cet Islam radical et conquérant dont l’Etat islamique, Daesh, se nourrit à satiété, en revendiquant sans discernement tous les attentats commis.

Il faut aussi en finir avec les bons sentiments : l’amalgame supposé entre les musulmans – ceux qui pratiquent l’islam – et les fous d’Allah n’a pas de sens ; oublier l’absurde mauvaise conscience post-coloniale de la France ; et refuser le retour des djihadistes français sur le territoire national car ce sont des traîtres à la Patrie.

Le “Conseil de Défense”, tenu dans l’urgence vendredi soir, a essayé de faire accroire que les pouvoirs publics contrôlaient la situation. C’est faux : elle n’était pas contrôlée la semaine dernière, elle ne l’est pas davantage aujourd’hui et ne le sera pas, au moins, toute la semaine prochaine… Autrement dit, il faut changer de méthode : tous les Français doivent maintenant se mobiliser dans cette lutte contre le terrorisme.

L’enjeu est celui de la survie de notre civilisation, inscrite dans la double tradition gréco-romaine et judéo-chrétienne. Dans les villes, les quartiers, les immeubles et aussi les campagnes, des informations ou indices peuvent être recueillis en ouvrant, simplement, ses yeux et ses oreilles – ce sont les signaux faibles de proximité.

Nul besoin d’être James Bond ou OSS117, et de prendre le moindre risque pour obtenir ces informations, mais il faut ensuite se rendre dans les commissariats en ville, ou les brigades de gendarmerie dans les campagnes, pour les informer de ce qui vous a semblé bizarre ou suspect. Policiers et gendarmes pourront procéder à un premier traitement des informations reçues et gérer la suite à donner.

Enfin, il faut être convaincu que toute information fiable qui n’est pas communiquée devient une donnée morte : les conséquences peuvent être dramatiques… Il y a deux cas récents, dont un en Espagne, ou des actes terroristes auraient pu être évités, mais ceux qui avaient des doutes sérieux n’ont pas osé “dénoncer”.

Monsieur le Président de la République, à quoi sert votre Centre National du Renseignement, d’abord baptisé “Task Force” pendant votre campagne électorale, et installé, à grand bruit médiatique, à l’Elysée après votre élection. J’en avais critiqué la création, dès le début, et je maintiens ce point de vue.

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Francis Demay

Francis Demay est Saint-Cyrien et Colonel (er), ancien de la MMFL et de la DGSE.

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