Pourquoi Emmanuel Macron décroche-t-il dans les sondages ?

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

L’exécutif bat son record d’impopularité selon un sondage Odoxa pour la presse régionale, France Inter et L’Express diffusé le 27 février 2018 puisque la popularité d’Emmanuel Macron a chuté de six points en un mois et celle d’Édouard Philipe de sept points sur la même période.

En politique comme en bien d’autres domaines, l’opinion est surtout affaire de perception et bien audacieux serait celui qui, sur la base de simples chiffres et sans plus de données empiriques, penserait analyser finement la popularité d’Emmanuel Macron.

Dès lors est-il indispensable de préciser que les mots qui suivent ne sont que modestes hypothèses quand bien même se fondent-ils sur un ensemble de données convergentes à un moment précis et dans un contexte spécifique.

Partons d’abord d’un postulat aussi juste qu’équitable à savoir qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent – ou esquissent – des réformes que bien des majorités présidentielles précédentes – notamment ‘de droite’ – n’ont réalisé qu’en programme et pas en actes ; et ce n’est pas être « macroniste » que de l’écrire.

Comme le plaiderait probablement François Hollande s’il avait été réélu, la concrétisation de réformes et la constatation au moins statistique de leurs effets sur l’environnement socio-économique prend du temps. Sauf que les Français sont légitimement impatients de voir enfin leur pays sortir du déclin voire carrément de « penser printemps. »

A ce jour cependant, divers éléments concourent à la baisse sensible de la popularité d’Emmanuel Macron. Son élection à l’Elysée n’est toujours pas acceptée par une part significative des Français dont une bonne part, à droite, estime qu’elle a été « volée. »

Ensuite, les craintes – angoisse profonde et gravement sous-estimée – relatives à la croissance de l’islamisme et le sentiment de « n’être plus chez soi » à la vue de nombreux et nouveaux « migrants » alimentent une part substantielle de la critique populaire ; qu’on soit d’accord ou non.

Enfin, la grogne sociale ratée de la rentrée couve et pourrait prendre sa revanche tandis que la reprise économique ne profite pas encore assez aux « classes populaires », phénomène amplifié par la rhétorique efficace dénonçant à dessein « le président des riches. »

Aussi, l’unanimisme médiatique en faveur d’Emmanuel Macron s’avère de plus en plus contreproductif pour lui, aussi surprenant que cela puisse paraître mais la distribution tous azimuts du Jupiter, omniscient et tout-puissant agace profondément – et ce bien que Jupiter n’en soit probablement pas responsable.

Ajoutons à cela la vitalité retrouvée des militants Les Républicains (LR) dans l’adversité qu’affronte leur nouveau président Laurent Wauquiez et vous avez là quelques éléments d’explications. Pour conclure et malgré ce passage à vide, ne sous-estimez toutefois toujours pas Emmanuel Macron, élu président à seulement 39 ans.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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