La droite d’aujourd’hui est le Windows 95 de la politique

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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La droite en France ressemble à ce bon vieux système d’exploitation sorti en 1995 par Microsoft et appelé Windows 95 et qu’on détestait pour ses bugs mais qu’on utilisait quand même, et que les passionnés d’informatique regardent parfois démarrer avec nostalgie dans des vidéos Youtube vintage qui sont souvent autant de souvenirs de notre premier ordinateur.

Gravement instable comme lui, la droite n’a toujours pas tiré les leçons de ses deux cuisantes défaites de 2012 avec l’élection de François Hollande puis de 2017 avec l’élection d’Emmanuel Macron. Pourtant aimée du point de vue des idées puisqu’elle domine en fait l’électorat dans son ensemble mais dont la majorité ne vote même plus, la droite d’aujourd’hui est bien le Windows 95 de la politique, un logiciel utilisé par tout le monde ou presque mais dont on déplore les problèmes à répétition.

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Malgré le constat d’une droite en plein désarroi et après cent jours de Macronisme paré des pleins pouvoirs ou presque, aucune mise à jour n’est intervenue pour redonner fluidité, rapidité et ergonomie à une droite divisée. D’un côté, les centristes de droite qui s’ils emportent la présidence des Républicains (LR) ne feront qu’entretenir la défaite au profit d’une République En Marche (REM) dont ils n’ont pas compris qu’elle campe déjà sur le terrain de leurs idées, forte de 100 millions d’euros de dotations pour les cinq prochaines années.

De l’autre côté, deux droites qui, au niveau citoyen, partagent plus que ne le pensent leurs « ténors » plus UDF que RPR et qui s’exaspèrent de se voir majoritaires dans le pays mais incapables de conquérir le pouvoir. Nicolas Sarkozy avait pourtant montré la voie avec une campagne 2007 au ton résolument droitiste et au plus de 30% obtenus dès le premier tour de l’élection présidentielle. Persiste encore à ce jour l’erreur monumentale d’analyse selon laquelle la droite perdrait car elle serait trop de droite.

Piège si habilement utilisé par la gauche depuis des décennies, les « ténors » s’évertuent à souscrire à cette vision politique dédiée à leur propre défaite ou, lorsqu’ils sont élus, à les empêcher de concrétiser les promesses faites aux électeurs qui ont depuis déserté les urnes par millions. Incapable de comprendre que l’union fait la force, qu’une stratégie médiatique de fond et à long terme est indispensable et que les prises de position rhétorique du type « pétition, appels à démission, etc… » sont de véritables repoussoirs, la droite accuse au moins vingt ans de retard, assume à peine ses idées et se soumet volontiers à la censure d’une gauche qui ne se refuse jamais rien.

Sans formatage et réinstallation complète d’un système d’exploitation ouvert, connecté et innovant, la droite se condamne à jouer les spectateurs et à protester vainement dans le vide intersidéral de l’inégalité médiatique générale dont elle n’ose même pas s’offusquer. Que Yann Moix et Christine Angot animent ensemble l’émission du service « public » On n’est pas couché financée par tous les Français est un exemple parmi d’autres de combien la droite est dominée, humiliée et oubliée. Mais au fond, avouons-le, c’est principalement de sa faute. Sans combat, pas de victoire. Sans mise à jour, écran bleu.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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