Pour présider, la communication selon Macron ne suffit pas

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Le traitement bien délimité de l’information par les médias et la communication bien calibrée dans, vers et à travers les médias ont été des éléments indispensables à la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle 2017 – et surtout à l’élimination de ses concurrents.

Sans une telle synergie avec les médias et sans pour autant ignorer ses qualités personnelles, il est improbable qu’Emmanuel Macron aurait été élu non seulement parce que son bilan en tant que ministre de l’économie (2014-2016) n’aurait pas été occulté mais aussi parce qu’à armes médiatiques égales, ses adversaires – notamment François Fillon – auraient eu bien plus de chance de le vaincre.

Cette stratégie de feu roulant médiatique ininterrompu pendant des mois a bien fonctionné puisqu’Emmanuel Macron dispose désormais de quasiment tous les pouvoirs et qu’aucune figure politique d’envergure n’a encore émergé au sein d’une opposition profondément désorganisée pour le concurrencer aujourd’hui et à long terme.

Cette stratégie principalement fondée sur l’effet d’annonce, l’optimisme général et les promesses a toutefois montré deux limites significatives. D’abord avec l’abstention record qui si elle amplifie dans les suffrages la domination d’Emmanuel Macron et d’En Marche montre aussi combien ils sont minoritaires parmi les citoyens Français, avec tout ce que cela comporte de risques politiques et sociaux lorsque les réformes seront engagées.

Ensuite avec la démission du général Pierre de Villiers de son poste de Chef d’état-major des Armées suite à son évaluation selon laquelle la diminution surprise de 850 millions d’euros du budget de la défense nationale ne lui permet pas de remplir efficacement sa mission.

A l’image des 81,81% des inscrits qui n’ont pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle, l’écrasante majorité des Français rejette la baisse des dotations budgétaires aux Armées et exprime son incompréhension de voir la nouvelle majorité encline à accueillir « le monde entier » tout en réduisant – au prétexte d’économies – l’outil national de défense en pleine « guerre contre le terrorisme. »

Dès lors en déduit-on que la communication politique, surtout lorsqu’elle est toujours orientée dans un sens et distributrice d’une unanimité construite, finit par perdre en efficacité lorsque la réalité fend le voile de la fiction. L’abstention fut le premier signe de la faiblesse inhérente d’une communication à l’efficacité ponctuelle suffisante mais contreproductive sur le temps long.

La démission du général Villiers, comprise et soutenue par les Français, est un avertissement. La communication ne suffit pas. Face aux défis que la France affronte, seuls les actes compteront.

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Une pensée sur “Pour présider, la communication selon Macron ne suffit pas

  • 21 juillet 2017 à 17 h 13 min
    Permalink

    De toutes façons ce que je veux dire sera supprimé! Je n’ai pas votè pour lui Macron. Et reste dubitative.

    Répondre

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