François Baroin a raison de défendre la taxe d’habitation

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

Pendant la campagne électorale des législatives, le chef de file des Républicains (LR) François Baroin fut vivement critiqué pour avoir osé poser – certes un peu tard – les bonnes questions concernant la promesse-phare du nouveau président de la République Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des ménages.

Seuls quelques mots de M. Baroin avaient été délibérément choisis et sortis de leur contexte afin de l’accuser opportunément de « fausse information », dernière tactique de défense à la mode pour ceux dépourvus d’arguments politiques et pour qui la réalité doit être niée si elle ne correspond pas à ce qu’ils souhaitent.

Heureusement, en sa qualité de président de l’Association des Maires de France, François Baroin persiste dans son interrogation afin de défendre vigoureusement la taxe d’habitation qui demeure la plus importante ressource budgétaire des communes.

Ces dernières ayant subi bien trop de diminutions de leurs dotations ces dernières années peuvent légitimement s’inquiéter du lancement d’une réforme au coût significatif et dont la compensation – dont les modalités ne sont toujours pas précisées – repose entièrement sur des promesses d’économies.

Dès lors se pose toujours la question de ce qui se passera si ces économies n’étaient pas concrétisées à l’instar de celles promises et transformées en déficit abyssal par François Hollande entre 2012 et 2017. Au final, si les communes s’inquiètent, les contribuables peuvent aussi légitimement s’inquiéter de voir les taux d’intérêt remonter et hypothéquer toute chance d’économies réelles car s’il faut compenser « au centime près », l’Etat fera nécessairement appel à leur « générosité ».

Alors qu’émerge un mince espoir de croissance économique, la suppression de la taxe d’habitation pourrait bien venir dérégler ce qui constitue le rouage peut-être le plus indispensable de l’Etat à savoir la commune.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Une pensée sur “François Baroin a raison de défendre la taxe d’habitation

  • 20 juillet 2017 à 11 h 00 min
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    Pris entre les promesses aberrantes, mais efficaces électoralement parlant, et l’ardoise dite surprise, mais qui ne l’a jamais été, laissée par Hollande, il est évident que Macron ne laissera aucune autre alternative aux communes que d’augmenter les autres impôts locaux comme la taxe foncière afin d’arriver à équilibrer ses budgets. Et comme la valeur locative cadastrale fait partie de l’assiette de la taxe foncière (au même titre que la taxe d’habitation soit dit en passant), Macron force les communes à appliquer un loyer fictif matérialisé par la hausse de la taxe d’habitation payée uniquement par les propriétaire, se dégageant ainsi de toutes responsabilités sur ce nouvel impôt.
    A mettre en parallèle de la dernière statistiques qui montre que 42,8% des foyers fiscaux payent l’impôt sur le revenus, il devient alors évident que le matraquage fiscal des classes moyennes va s’intensifier et les paupériser encore un peu plus.

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