ISF et taxe d’habitation, Emmanuel Macron risque tout dès 2018

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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Le revirement soudain du gouvernement d’Edouard Philippe – et donc du président de la République Emmanuel Macron – concernant la réforme de l’Impôt sur la fortune (ISF) et de la taxe d’habitation pourrait illustrer un certain flou au plus haut niveau de la nouvelle majorité politique En Marche.

Annoncées reportées à la « fin » du quinquennat, ces deux réformes majeures sont finalement revenues pour une mise en application dès 2018. Cette rapide et significative variation temporelle a de quoi surprendre alors que l’interrogation demeure sur l’état réel des finances publiques de la France et concernant lesquelles le gouvernement a tout récemment découvert un « dérapage » d’au moins 8 milliards d’euros pour le seul budget 2017.

A moins de disposer de comptables hors-pair et d’une rapidité exceptionnelle – tout est possible, on peine à croire qu’un audit suffisant ait été réalisé en si peu de temps qu’il permette au gouvernement de déplacer dans le temps des réformes dont les incidences se compteront en dizaines de milliards d’euros.

Constatant peut-être le mécontentement de l’opinion publique face aux délais annoncés et probablement soucieux de concrétiser ses promesses électorales, Emmanuel Macron a finalement souhaité agir au plus tôt. Si le raisonnement est logique, la réalité pourrait toutefois contre-indiquer le démarrage de deux si importantes réformes alors que pointe enfin à l’horizon quelque espoir de croissance économique.

Après avoir subi un choc fiscal aux effets profondément contreproductifs pendant le quinquennat de François Hollande – plus 380 milliards de dette publique malgré une pression fiscale augmentée, il n’est peut-être pas si opportun de modifier profondément les habitudes fiscales des ménages tant que la France est dans une situation budgétaire si tendue.

Fort de ses victoires aux élections présidentielle et législative, Emmanuel Macron est probablement capable d’atteindre ses objectifs et on se tromperait à le sous-estimer. Mais à la moindre péripétie en zone euro, sur les marchés financiers et surtout sur les taux d’intérêt, toute l’architecture programmatique d’Emmanuel Macron fondée sur la promesse d’économies substantielles pourrait s’effondrer.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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