Enfin du réalisme avec la politique étrangère d’Emmanuel Macron ?

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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Emmanuel Macron n’est pas seulement le gagnant des élections à travers la République En Marche (REM), il est désormais bien plus que cela à savoir président de la République Française. Considérant la majorité parlementaire absolue dont il dispose, chaque décision qu’il prendra au cours des cinq prochaines années concernera tous les Français quel que fut leur vote.

C’est pourquoi il est utile de les inviter à lire attentivement la première grande interview (1) d’Emmanuel Macron depuis son entrée à l’Élysée portant sur les questions européennes et internationales. Sans parti-pris politique, peut-on se permettre d’exprimer ici la satisfaction de constater enfin quelque inflexion présidentielle en matière de politique étrangère à savoir la réduction du néo-conservatisme au bénéfice du (néo)-réalisme.

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Certes embryonnaire et quand bien même serait-il prématuré de prendre des mots pour argent comptant, est exprimée par la voix d’Emmanuel Macron la volonté de redonner à la France une voix internationale qui porte et qui tienne ses engagements notamment en matière de « lignes rouges ».

Constatant qu’un engagement non tenu est une marque de faiblesse dont tout intérêt, pas même nécessairement hostile, profite pour avancer ses pions, le président Emmanuel Macron fait preuve d’une rafraîchissante lucidité en comparaison des dernières années pendant lesquelles le bilan international de la France fut trop tranché et pas assez pragmatique.

Que ce soit en matière européenne où il estime que la France sans l’Europe serait un pari risqué quand on constate les grandes forces qui animent la scène internationale, que ce soit avec la Russie et la Syrie avec lesquelles la priorité est surtout et avant tout de lutter contre le terrorisme ou que ce soit en matière de crise migratoire, Emmanuel Macron exprime un point de vue argumenté, construit et plus réaliste qu’attendu.

Puisqu’il dispose d’une majorité parlementaire absolue, le nouveau président peut se permettre de gouverner comme il l’entend et cette affirmation est encore plus vraie en matière internationale où les prérogatives du chef de l’Etat français sont plus proches de celles d’un Vladimir Poutine que de celles d’un Donald Trump.

L’interview d’Emmanuel Macron est intéressante car elle re-présidentialise la politique internationale de la France en la fixant sur ses intérêts plus que sur une ligne politique ou idéologique spécifique. « Ni de droite ni de gauche » comme il aimerait probablement la plaider, la vision d’Emmanuel Macron en matière internationale insiste sur la France, et sur la France dans et à travers l’Europe.

L’avenir nous dira si l’on assiste enfin au retour d’une « grande politique » digne des institutions de la cinquième République comme les avait souhaité le Général de Gaulle. En attendant, c’est un pas dans la bonne direction et il est juste de l’écrire.

(1) Interview d’Emmanuel Macron : « L’Europe n’est pas un supermarché. » (Elysée, 22/06/2017)

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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