Ne sous-estimez surtout pas Emmanuel Macron

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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A 39 ans, Emmanuel Macron est non seulement devenu président de la République française sans jamais avoir exercé quelque mandat électif auparavant, mais il a aussi profondément bouleversé le paysage politique national qu’à peu près tous les Français ont toujours connu.

Certes, c’est vrai, a-t-il bénéficié d’un soutien médiatique et institutionnel si important – et tellement supérieur à celui de ses adversaires – qu’on peut aisément imaginer que sans lui Emmanuel Macron ne serait pas devenu chef de l’Etat si tôt.

Toutefois, associer sa victoire présidentielle comme législative à ce seul soutien, aussi important fut-il, serait une analyse incomplète. En effet et sans probablement l’avoir jamais demandé, celui qui est désormais président a su maximiser le profit d’un soutien médiatique si massif qu’il incite finalement ses adversaires à l’erreur analytique qui consiste à croire que les médias ont décidé de l’élection.

Bien entendu, ceux-ci ont joué un rôle très significatif mais l’on ne saurait fondamentalement résumer le parcours fulgurant d’un Emmanuel Macron au simple alignement de circonstances et du temps – le Kairos aristotélicien – dont parlait Raphaël Enthoven sur France2 au soir du second tour des élections législatives 2017.

Car en plus d’avoir su comprendre que l’optimisme séduirait plus de français que le réalisme d’un François Fillon ou que la franche rupture d’une Marine Le Pen, Emmanuel Macron s’est inscrit dans une trajectoire duale. D’abord sur le long terme puisque selon les quelques rares témoignages de proches rapportés dans les médias, Emmanuel Macron se serait préparé à l’Elysée depuis fort longtemps, construisant son parcours à cette fin politique ultime. Confiant, peut-être n’imaginait-il pas y parvenir si tôt.

Ensuite, en comprenant mieux que ses concurrents – et surtout les Républicains (LR) – que sous couvert de réussir la synthèse politique, seule ou presque compte la force. Ne vous y trompez donc pas puisque dans les faits et considérant les résultats, Emmanuel Macron n’est pas l’esclave des médias mais plutôt leur meilleur exploitant.

Bien d’autres armés d’un même soutien auraient échoué, plus encore vêtus de la casaque d’un novice suffisamment audacieux pour défier finalement celui dont il fut un proche collaborateur à savoir son désormais prédécesseur François Hollande. Contre tant de « ténors » et d’élus si expérimentés – anciens députés, anciens ministres, anciens premiers ministres – Emmanuel Macron a gagné l’Elysée et l’Assemblée.

Il n’y a donc absolument pas de quoi sous-estimer Emmanuel Macron, il y a surtout beaucoup à apprendre de lui.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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