Synthétique état des lieux d’une droite LR-UDI en plein désarroi

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A une semaine du premier tour des élections législatives 2017, les sondages se multiplient et se ressemblent. Le parti La République En Marche (LREM) du nouveau président Emmanuel Macron devrait selon les intentions de vote emporter une large victoire, suivi des Républicains (LR), du Front National (FN) et de La France Insoumise (LFI). Si un tel cas de figure se concrétise, grave risque d’être la crise pour la droite et le centre. Cet article de Le Politique établit donc en amont un court état des lieux de la droite française en général.

L’alliance LR-UDI pourrait perdre des dizaines de députés.

Les sondages sont accablants pour l’alliance LR-UDI puisque selon un sondage Opinionway pour Orpi, Les Echos et Radio Classique, LREM remporterait la majorité absolue à l’Assemblée nationale avec entre 335 et 355 sièges sur 577. LR-UDI resterait certes la principale formation d’opposition, avec entre 145 et 165 députés, mais en perdraient au moins 60 soit une baisse sensible d’environ 25% par rapport aux 225 députés obtenus en 2012.

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L’alliance LR-UDI risque une déroute puis l’explosion.

Même en restant la principale force d’opposition à l’Assemblée nationale, LR-UDI subirait là une grave défaite de nature « stratégique » considérant les implications futures. Après le quinquennat de François Hollande au bilan très largement rejeté par les Français, non seulement LR-UDI aura perdu l’élection présidentielle « imperdable » avec François Fillon – aussi pour des raisons externes – mais perdrait un nombre significatif de députés dans des élections législatives capitales pour préparer l’alternance politique en 2022.

Les ténors LR-UDI n’écoutent pas assez leurs électeurs.

La défaite à l’élection présidentielle s’explique par divers facteurs qui varient de l’absence de soutien interne suffisant à François Fillon aux « affaires » concernant ce dernier en passant par le soutien inégalable des médias et des institutions en faveur de son adversaire Emmanuel Macron. Les ténors LR-UDI n’ont toujours pas pris la mesure du fossé qui les sépare de leurs électeurs à savoir que les premiers sont au centre quand les seconds sont à droite. En appelant immédiatement à voter Macron au soir du premier tour, LR-UDI a suscité un profond désarroi dans l’électorat de la droite et du centre après les graves accusations relatives au « cabinet noir. »

La stratégie sacrificielle LR-UDI est contreproductive.

L’union de la droite – ou des droites – semble impossible, pourtant sera-t-elle indispensable pour espérer gagner l’alternance en 2022. La stratégie du « Front Républicain » même si elle est défendable d’un point de vue politique n’est pas rentable du tout, pire, est-elle unilatérale et contreproductive. Certes est-il inavouable de le dire mais si Marine Le Pen avait été élue présidente, les chances pour LR-UDI de gagner les élections législatives auraient probablement été supérieures. Renouveler pour les législatives la faute commise au soir du 23 avril consistant à donner une consigne de vote sans aucune transition ou négociation pourrait amplifier la déception au soir du 18 juin.

A droite, tout est à repenser, reconstruire, recomposer.

Si la droite était unie et menait une stratégie cohérente, elle serait à l’Elysée aujourd’hui et remporterait aisément les élections législatives de juin. Sans aucunement accueillir d’éléments non Républicains en son sein, existe un vaste potentiel pour une grande droite souveraine, patriote et libérale. Mais une telle alternance en sa faveur supposerait de ne plus se laisser piéger par une gauche qui impose à la droite des scrupules qu’elle n’a jamais eu pour elle-même. Aussi faudrait-il enfin faire preuve de réalisme comme en construisant, par exemple, une grande stratégie médiatique TV-Radio afin de combattre à armes égales dans un champ médiatique largement dominé par la gauche et le centre-gauche.

La droite doit muter de la naïveté au « combat. »

La force d’Emmanuel Macron – et de la gauche et du centre-gauche en général – a été de se battre sans se priver d’aucun moyen pour défaire ses adversaires. Comprenant que l’optimisme l’emporterait sur le réalisme, et sachant maximiser le soutien médiatique dont il bénéficiait, Emmanuel Macron n’a fait aucun cadeau et a su adopter une posture de « combat » politique. La droite est demeurée bien trop conciliante face une adversité parfois hors-limite. Fière d’avoir été polie, force est de constater que la droite a été vaincue et n’a pas gagné la si probable alternance. Dès lors s’impose une renversante remise en question quant à ses principes tactiques et à ses faiblesses stratégiques.

> Les électeurs de la droite et du centre sont invités à commenter ci-dessous.

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