Après François Fillon, la droite doit absolument faire sa révolution médiatique

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

Depuis très longtemps, la majorité des médias français est animée par des individus se revendiquant eux-mêmes « de gauche », n’hésitant pas à soutenir ouvertement leurs idées et leurs points de vue.

Emmanuel Macron, certes un homme brillant et un habile communicant, a bénéficié d’un soutien médiatique inédit et hors de toute limite acceptable pendant la campagne présidentielle 2017. Le Politique ne lui reproche pas personnellement ce soutien et reconnaît justement qu’il a su en user avec grande intelligence.

Ce qui est toutefois inquiétant pour la démocratie française est cette fâcheuse tendance de systématiquement jeter l’opprobre sur tout individu, groupe ou média qui ose proposer une opinion différente. Nous ne parlons pas du tout ici d’une opinion qui serait extrémiste, haineuse ou fasciste mais simplement d’une opinion qui ose poser des questions, débattre librement de politique comme dans n’importe quel cadre démocratique digne de ce qualificatif.

Pour avoir osé s’interroger sur le programme immobilier et fiscal du candidat Emmanuel Macron le 16 mars 2017 avec des précautions qui n’auraient pas été nécessaires cinq ans auparavant, Le Politique reste la cible d’une offensive médiatique agressive coordonnée. La moindre dissonance ne nous a pas été pardonnée malgré des milliers d’articles publiés depuis novembre 2014 et qui n’ont jamais suscité le moindre problème.

Ces circonstances traduisent un champ médiatique largement capté par une frange politique spécifique et déterminée à empêcher toute discussion, et plus encore à détruire toute voix dissonante et toute question pertinente. Dans ces conditions, la droite française – particulièrement les Républicains (LR) et leurs alliés de l’UDI – continue à se battre à armes inégales, avec courtoisie et déférence, contre un système qui ne s’embarrasse pourtant d’aucun scrupule pour les abattre.

François Fillon fut par exemple livré à la vindicte outrageante de Christine Angot en plein prime time un soir de campagne présidentielle sur France2 sans que personne parmi les « ténors » n’ait semblé prendre enfin la mesure du mal qui empêche toute alternance politique et pourrait la rendre bientôt totalement impossible.

Face à cela, la droite doit impérativement se doter de moyens médiatiques – TV, Radio, Presse – à la hauteur de ses ambitions ou continuer à s’agiter vainement dans des combats perdus d’avance, dramatique illusion d’une vie démocratique réduite à une opinion unique. La droite doit ouvrir les yeux sur ses dramatiques carences médiatiques et s’organiser pour rétablir une démocratie digne de ce nom où les jeux ne sont pas si inéquitables que le vainqueur est connu avant même l’élection.

Quelques soient les reproches qui puissent être formulés à l’égard de François Fillon, le traitement qui lui fut réservé est symptomatique d’une absence totale de mécanismes de riposte, de contre-attaque et de combat politique de la part de la droite. Qui plus est et c’est dire à quel point la démocratie française est abîmée, doit-on préciser que souligner ce fait n’est pas l’aveu de quelque parti-pris politique en faveur de François Fillon.

Mais la droite doit se poser cette question fondamentale pour son avenir : doit-elle poursuivre dans la voie habituelle et voir en 2022 se répéter 2017 ou doit-elle enfin se doter des outils indispensables pour vaincre ?  La politique n’est pas la sortie de la messe un dimanche à Versailles. La politique, c’est la « guerre », et la gauche l’a parfaitement compris. Il est temps que la droite fourbisse ses armes.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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