Doit-on s’exclamer « Macron président » ou « Vive le candidat unique » ?

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

L’élection présidentielle 2017 pose de véritables questions quant à sa nature démocratique tant les moyens déployés en faveur d’un candidat spécifique à savoir Emmanuel Macron sont importants. Si vastes et si discutables qu’ils pourraient à eux seuls interroger sur la réalité d’un suffrage dont on mesure combien il correspond de moins en moins aux canons de la démocratie.

Le simple exemple du nombre très important d’affiches électorales arrachées – que j’ai constatées par moi-même in situ – de deux candidats en particulier à savoir Marine Le Pen et François Fillon résume la situation. Je ne critique pas ici Emmanuel Macron en tant que personne ni même en tant que candidat. C’est un homme au parcours exceptionnel, avec qui l’on peut être en désaccord tout en lui reconnaissant une vraie originalité politique.

Je prends par contre le risque de critiquer cette profusion de moyens qui l’a propulsée en trois ans à peine de l’anonymat à peut-être la tête d’un des Etats les plus importants de l’Histoire et du monde. Si rapide fut son ascension que je peine à croire qu’Emmanuel Macron ait vraiment pris la mesure du rôle que des metteurs en scène très efficaces vont lui confier.

Aura-t-il suffisamment l’expérience de l’adversité pour affronter les défis immenses qui se posent à la France et à l’Europe ? Aura-t-il la détermination indispensable et excessivement urgente pour traiter efficacement la menace terroriste ? Aura-t-il l’indépendance pour rétablir enfin un minimum de souveraineté de Paris face à Berlin, Washington, Moscou et Pékin ?

Saura-t-il combien ses décisions impacteront la vie de millions de citoyens dont une majorité se sera abstenue soit n’aura pas voté pour lui ? Se rend-il compte que son élection aura résulté non de sa seule candidature mais de la construction efficace d’un scénario politico-médiatique ? Aura-t-il la maturité pour présider au destin d’une nation âgée de 1.500 ans ?

Prendra-t-il conscience que la France est une civilisation par elle-même, que son art, sa culture et son mode de vie non seulement existent et sont gravement menacés mais ont inspiré le monde entier ?

Voilà autant de questions que je me pose à quelques jours du second tour. Ce ne sont que des questions et en tirer la conclusion que je serais hostile à Emmanuel Macron serait une interprétation erronée, quand bien même je dénonce les atteintes à la démocratie dans cette élection qui suscite bien des doutes et ce à gauche comme à droite.

Au point que l’on est tenté de crier « Vive le candidat unique ! » par mécontentement comme par ironie tant notre pays est tombé dans le déni, celui de la démocratie. Quel que soit l’adversaire d’Emmanuel Macron, j’aurais exprimé un même constat, et même si la « candidature unique » que je déplore ici correspondait en tous points à mes convictions politiques, jamais je ne la soutiendrai car avant les idées, existent les principes.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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