Leçons de Geert Wilders à Marine Le Pen et à François Fillon

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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Le candidat « populiste » et/ou « nationaliste » néerlandais Geert Wilders a enregistré à l’occasion des élections législatives du 15 mars 2017 une défaite qui ne lui est pas si préjudiciable pour l’avenir. Avec 20 sièges au Parlement soit 5 de plus que lors du mandat précédent, Geert Wilders gagne tout de même 33% de sièges en plus. Au contraire, le premier ministre de centre-droit sortant et victorieux des élections Mark Rutte obtient 30 sièges soit 8 de moins, c’est-à-dire une chute de 21%.

Du point de vue de la progression, Wilders a donc vaincu Rutte. Cette « victoire » n’est cependant pas suffisante pour que Wilders puisse prétendre non seulement à diriger les Pays-Bas mais également à participer au gouvernement. Wilders a également échoué à confirmer les sondages qui lui donnaient au moins une belle deuxième place en tout cas plus éloignée de ses poursuivants qui se partagent à trois quelques 45 sièges.

En quoi le score de Geert Wilders peut-il intéresser les deux droites de la politique française, à savoir principalement François Fillon du parti Les Républicains (LR) et Marine Le Pen du Front National (FN) ?

D’abord, ce score moins élevé qu’espéré par Geert Wilders qui visait 30 sièges est un avertissement pour Marine Le Pen. Il souligne que l’Europe est moins mûre pour le changement « pro-nation » que ce qui fut constaté lors de la puissante ascension populaire de Donald Trump aux Etats-Unis. Il est aussi la preuve que l’absence de relais médiatiques forts demeure un écueil certes de moins en moins important mais en mesure de contrarier les ambitions gouvernementales d’une part croissante de l’électorat.

Aussi, le contexte pré-électoral immédiat a probablement été capital aux Pays-Bas où la vive crise diplomatique turco-néerlandaise a sans doute aidé Mark Rutte à reprendre une avance décisive sur Geert Wilders puisqu’elle lui a permis d’exprimer des opinions plus droitistes qu’à l’accoutumée. Concernant François Fillon, le score de Mark Rutte est un encouragement à poursuivre dans la voie d’une droite « classique » aux positions fortes assumées, notamment en matière de sécurité, d’immigration et de politique étrangère.

Aussi, les élections néerlandaises traduisent une « pasokisation » de la gauche, totalement oblitérée par la droite qui, tout cumulé, dispose d’une majorité écrasante. Non seulement le centre-droit de Rutte conserve le pouvoir, mais la droite « Chrétienne » est désormais presqu’aussi puissante. C’est aussi un avertissement qui intime à la droite « classique » d’être vraiment de droite considérant que la droite « nationaliste » de Geert Wilders enregistre une progression significative. Si Mark Rutte échoue à mener une politique résolument à droite, il est probable que Geert Wilders finira par le remplacer.

Enfin, si le score de Wilders est probablement une déception pour Marine Le Pen, le contexte sécuritaire et économique général de la France modifie suffisamment les paramètres pour que Marine Le Pen puisse espérer un meilleur résultat que son allié néerlandais. Pour François Fillon comme pour Marine Le Pen (et pour Nicolas Dupont-Aignan), l’élection néerlandaise apporte la preuve d’un glissement de l’opinion publique vers la droite « forte ».

C’est une dynamique dont les deux droites françaises devraient logiquement profiter au cours des prochaines élections et dans les prochaines années puisqu’à l’instar de sa consoeur française, la jeunesse néerlandaise vote nettement plus à droite que ses parents.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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