Ce que la fusillade à Grasse nous dit sur la sécurité intérieure

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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Il est difficile d’aborder le délicat sujet de la sécurité intérieure sans susciter plus de peur que de raison. Quoiqu’il en soit c’est un sujet qui bien que largement ignoré dans le cadre de la campagne de l’élection présidentielle 2017 est d’une importance majeure. Tout d’abord et malgré le travail courageux des organes en charge de notre sécurité nationale, les données disponibles semblent plutôt relever une croissance plus qu’une réduction de la menace terroriste en France.

En sus du retour des « revenants » de la zone Syrie/Irak, l’habituel retour d’expérience mis en place par les groupes hostiles devrait logiquement produire des modus operandi mis à jour contre lesquels notre réponse collective pourrait s’avérer trop faible, non par manque de volonté mais difficulté d’anticipation.

Les récents incidents incluant l’usage d’agents chimiques en Allemagne, la découverte de divers véhicules chargés de bonbonnes de gaz en France ou encore l’intrusion d’un individu lourdement armé au Lycée Alexis de Tocqueville de Grasse sont autant de faits qui incitent au moins à la prudence, au pire à l’inquiétude.

Aussi, des informations déjà anciennes de plusieurs mois relatives à la velléité d’opérationnels hostiles d’utiliser des armes chimiques et/ou de nouveaux usages d’explosifs dits « à l’irakienne » pourraient augmenter sensiblement la létalité d’un prochain attentat. Si l’intrusion à Grasse n’est pas un acte terroriste, – considérant l’armement de l’individu interpellé, de réelles questions se poseront sur leur fourniture – il souligne combien il est difficile voire impossible de protéger la population quels que soient les moyens engagés sur le terrain.

C’est donc en amont de la chaîne du renseignement – avec les analystes et les unités opérationnelles – que l’effort doit être concentré afin de maximiser la capture ante-infraction des opérationnels ennemis. La chaîne judiciaire doit également suivre avec la prononciation de peines plus sévères qu’actuellement à l’encontre des individus engagés dans des activités de nature terroriste.

Ces deux priorités essentielles au rétablissement durable de la sécurité nationale doivent être accompagnées de mesures strictes de contrôle aux frontières considérant qu’en l’état actuel, le passage d’éléments hostiles est facilité à la fois par la crise migratoire croissante et par les frontières « ouvertes » de l’espace Schengen.

Les candidats à l’élection présidentielle, dont la plupart n’ont exprimé aucune mesure de fond hormis quelques propos généraux, doivent absolument traiter ce sujet en priorité et avec détermination. La sécurité des citoyens doit être LA priorité. Les nombreux morts et blessés des attentats de ces dernières années en sont un rappel perpétuel.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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