François Fillon, une force tranquille mais très habile

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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Il sera peut-être la surprise des primaires du parti Les Républicains (LR). Ancien premier ministre tout au long du mandat de l’ex-Président Nicolas Sarkozy, François Fillon bouscule le duopole incarné par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, au point d’espérer non seulement atteindre le second tour des primaires mais plus encore de les gagner. Sans parti-pris, force est de constater que François Fillon a su mener une campagne électorale sans faux-pas notable, patiemment construite au point d’apparaître parfois faussement monotone.

En dépit de la campagne présidentielle américaine, du poids médiatique écrasant d’Alain Juppé, de l’énergie expérimentée de Nicolas Sarkozy, de plus en plus d’informations ont obligé Le Politique à accorder une attention accrue au candidat Fillon. Le signal n’est pas venu de l’espace mais de l’étranger avec un activiste pro-Donald Trump – encore un… – demandant nonchalamment « au fait c’est qui déjà François, pas le président, l’autre. » Une fois l’hypothèse de sa Sainteté le Pape exclue, nous comprîmes que François Fillon le discret attirait l’attention bien au-delà de la Sarthe.

C’était le discours équilibré du candidat Fillon concernant la Russie – et son amitié officielle, documentée, photographiée avec le président russe Vladimir Poutine – qui suscitait l’intérêt d’activistes politiques américains soucieux de convaincre l’électeur du nécessaire rééquilibrage des relations avec la Russie et d’arrêter illico la vaine politique étrangère sans résultat des années Obama, surtout en Syrie. « Expérimenté, posé, constant, » seraient après recherches les trois qualités principales du candidat Fillon à en croire ceux qui, autour de Le Politique, nous ont sans aucune sollicitation exprimé leur intérêt pour un candidat que l’on croyait perdu dans la rizière du LR, victime inévitable du tir croisé – supposé ami – des Juppéistes et des Sarkozystes.

Le constat répété des erreurs passées et la continuité de ses idées ont conféré à François Fillon un capital sympathie croissant à mesure que la campagne des primaires s’enfonçait dans l’insondable polémique du pain au chocolat acheté à Prisunic par François Bayrou privé de double portion de frites. Plus sérieusement, à mesure que son discours sans modification notable a gagné progressivement en audience, il a également été jugé de plus en plus sincère par les électeurs au point d’apparaître selon Le Politique comme l’un des deux plus à mêmes avec Marine Le Pen de profiter de la vague Donald Trump – quelle que puisse être l’importance de ses différences avec le nouveau président des Etats-Unis.

François Fillon a réussi à parler franchement de sujets sensibles – tel l’Islam – sans être ni le propagateur ni la victime d’une énième polémique, apportant un peu plus d’eau à son moulin silencieux mais productif. La foule présente dans ses meetings nous conforte dans l’idée que François Fillon est actuellement au seuil de sa transformation in extremis de challenger en favori.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.