Quatre hypothèses gagnantes pour le Front National (FN) en 2017

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

Qu’on le soutienne ou qu’on le combatte, Le Front National (FN) est indubitablement devenu la plus importante force politique française unique tant en suffrages exprimés – le parti Les Républicains (LR) réunit autour de lui plusieurs partis lors des scrutins – qu’en capacité d’attraction politique et médiatique. Cible d’un flot ininterrompu de critiques, objet d’une surveillance accrue, acteur in-volontaire de fantasmes plus ou moins réalistes, le FN a réussi à construire un capital sympathie solide, renforcé par une présence virtuelle et une réactivité 2.0 qui surpasse ses concurrents politiques.

Parce que voter FN n’est pas anodin, que c’est à rebours du « système » et que c’est médiatiquement dénoncé tel un pas vers le « fascisme, » l’électeur votant une fois pour le FN reste plus souvent qu’ailleurs près de ou avec son nouveau parti. La fidélité de l’électeur au FN abaisse très significativement la volatilité du vote, conférant ainsi au parti de Marine Le Pen un socle électoral actuellement plus solide – et imperméable – que celui des autres partis politiques français.

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Alors que l’environnement national tant économique que sécuritaire est très compromis, le FN a une chance mince mais réelle de gagner l’élection présidentielle 2017, à l’instar de Donald Trump et d’autres. Quatre hypothèses pourraient, séparément ou cumulativement, augmenter sensiblement les chances de Marine Le Pen de devenir le prochain président de la République :

1) Les circonstances exceptionnelles. L’effroyable bilan sécuritaire de ces dernières années est le plus important et le plus efficace militant pour un FN qui a toujours placé les questions d’insécurité et de sécurité nationale au cœur de son argumentaire politique. La multiplication, malheureusement possible, d’actes terroristes entrecoupés d’épisodes violents d’insécurité quotidienne renforcera la dynamique de duo-polarisation de la vie politique française entre le FN d’un côté, et les autres partis de l’autre. La survenance d’actes dramatiques et déstabilisateurs pourrait déclencher une vague de transferts de la droite dite « Républicaine » (Les Républicains (LR), Debout la France (DLF), Les Villiéristes, etc…) vers le FN. Notons que sans effectifs politiques supplémentaires – ou alliance, ouverture – la capacité de victoire du FN serait amoindrie. Considérant le grave contexte sécuritaire actuel fort difficile à modifier durablement d’ici mai 2017, tout acte, tentative ou provocation supplémentaire de terrorisme et/ou assimilé (propagande, manifestations) apporte chaque fois des milliers de suffrages au FN.

2) La crise migratoire paroxystique. Le nombre d’entrée de « migrants » dans l’espace Schengen a récemment encore battu des records. Les points d’entrée se sont diversifiés et déplacés à mesure que l’Union européenne (UE) tente de maintenir les nouveaux entrants à des endroits spécifiques – les fameux « hubs. » Le flux est si dense que les effectifs comme les moyens actuels paraissent honnêtement dérisoires. La perception croissante par l’opinion publique française de l’incapacité chronique de l’UE à assumer ses fonctions élémentaires augmente la défiance envers une « Europe » qui n’est plus « l’Europe » ou du moins pas l’Europe qu’ils souhaitaient. L’insertion programmée et planifiée d’éléments terroristes opérationnels dans les flux entrants de « migrants » – comme pour les attaques terroristes perpétrées à Paris le 13 novembre 2015 – est un point majeur en faveur de la 4ème hypothèse proposée ci-dessous.

3) L’élection de Donald Trump. Le candidat Républicain à l’élection présidentielle américaine Donald Trump attire les suffrages pour deux raisons principales qui sont aussi valables concernant Marine Le Pen. Il n’a pas de bilan politique national à défendre n’ayant jamais été membre du pouvoir exécutif, contrairement à sa concurrente Démocrate Hillary Clinton. Aussi, il capitalise sur – et rassemble autour de lui – les citoyens à la fois mécontents de la situation économique générale des Etats-Unis mais aussi – et surtout (fait rare) – angoissés par la survie de leur mode de vie, de leur culture, de leur Histoire en tant que Peuple occidental. L’angoisse civilisationnelle est un déterminant majeur et sous-estimé de la dynamique Trump. Elle transcende la plupart des clivages même géographiques puisque l’Europe – surtout la France – est aussi concernée. La menace croissante contre le mode de vie « à la française » et la perception d’un déclin irrémédiable de la civilisation occidentale favorisent naturellement le FN. Une victoire de Donald Trump inaugurerait une dynamique politique « libératoire » qui augmenterait significativement les chances de Marine Le Pen. Le passage en revue des propos récents tenus par des cadres et élus du parti Les Républicains (LR) confirment la force – et la rapidité – d’une telle dynamique.

4) François Hollande au second tour. Si Marine Le Pen se retrouve face au président sortant et candidat du Parti Socialiste (PS) François Hollande au second tour, ses chances d’entrer à l’Elysée seront accrues considérant qu’une large part des électeurs LR – et même de l’extrême gauche pour d’autres raisons – préféreraient voter pour une droite « dure » plutôt que pour une gauche au bilan difficilement défendable.  Les circonstances dramatiques agrémentées à la fois d’un manque de volonté politique d’agir décisivement contre le terrorisme islamiste et de restrictions inédites contre le mode de vie français – annulations massives d’événements estivaux et festifs par exemple – augmentent sensiblement la proportion d’électeurs LR, DLF et assimilés à voter pour Marine Le Pen au second tour plutôt que pour François Hollande. « A circonstance exceptionnelle, solution exceptionnelle » résumerait le processus. Pour le concrétiser, des ajustements en matière de programme économique et d’affaires étrangères seraient nécessaires.

Le contexte général de défiance entretenu par un conflit intérieur permanent et de basse intensité augmente sensiblement les chances de Marine Le Pen d’accéder à l’Elysée dès 2017. La probabilité est basse mais réelle. Toute aggravation du contexte déjà délétère augmentera significativement le vote en faveur du FN. Même en cas d’échec en 2017, et considérant la situation générale, le FN ou toute autre structure porteuse d’un programme similaire verra ses chances décuplées dans la décennie qui suivra. L’association d’une croissance médiocre – voire nulle, d’un chômage massif, de l’impuissance de l’Europe et de son déclassement international au bouleversement du contexte sécuritaire par la multiplication d’actes hostiles de basse intensité mèneront l’Europe – et la France – vers des lendemains politiques inédits. Marine Le Pen en sera une actrice principale, et pourrait même à terme être concurrencée à sa droite en cas d’aggravation soudaine – dite d’ordre vitalde la situation relative à la sécurité nationale.

Mises à jour concernant Marine Le Pen

2 février 2017: La possibilité que Marine Le Pen puisse devenir présidente de la République française est prise au sérieux aux Etats-Unis.

8 février 2017: Les données collectées par Le Politique signalent une potentielle sous-estimation des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen. Elles insistent aussi sur les difficultés qu’aurait qu’Emmanuel Macron à emporter / gouverner une majorité législative s’il gagne l’Elysée.

8 février 2017: Considérant les difficultés du candidat du parti Les Républicains (LR) François Fillon dont la bonne entente avec le président russe Vladimir Poutine est connue, sa concurrente du Front National (FN) Marine Le Pen pourrait gagner en soutien international.

13 février 2017: Suite au renoncement de François Hollande et face à Emmanuel Macron, le scénario peut s’avérer identique, avec une chance de victoire cependant amoindrie. Le “Pénélope Gate” relatif au candidat LR François Fillon renforce mécaniquement le vote en faveur de Marine Le Pen. Le contexte général notamment sécuritaire (cf. terrorisme, émeutes) pourrait s’avérer décisif.

13 février 2017: Une aggravation soudaine du contexte économique de la zone euro possible en raison des inquiétants contextes grec et italien peut également favoriser l’hypothèse générale d’une élection de Marine Le Pen.

14 février 2017: Selon des estimations fondées sur une veille des réseaux sociaux, Le Politique place Marine Le Pen à 27,5%, Emmanuel Macron à 17,5% et François Fillon à 18% pour le premier tour de l’élection présidentielle 2017.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Une pensée sur “Quatre hypothèses gagnantes pour le Front National (FN) en 2017

  • 6 août 2016 à 17 h 18 min
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    Entièrement d’accord, mais aussi faire travailler les RSA et les chômeurs dans leurs communes de rattachement au moins 3 jours par semaine. Ras le bol de payer des fainéants et des profiteurs de la société, toujours les mêmes qui payent. Cela, en plus créerait des emplois d’encadrement dans chaque commune, et je pense redonnerait l’envie de trouver un emploi. Du travail il y en a pour tous, il suffit de vouloir travailler. Au contraire, actuellement, les divers gouvernements n’ont fait qu’encourager le laisser vivre tranquille au profit des autres et à les rendre de plus en plus idiot (c’est plus manipulable).

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    • 7 août 2016 à 22 h 49 min
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      Bonjour, vous êtes un esclavagiste … les traités internationaux interdisent le travail forcé et l’esclavagisme, pour que les RSA et les chômeurs puissent trouver un emploi, il faut relancer l’emploi par l’investissement, et cela se fait par des économies dites réelles (suppression des régions, baisse drastique de l’immigration, lutter contre la fraude sociale, …) ou dans ce cas, il faut payer les trois jours de travail en plus du RSA ou du chômage sur la base du SMIC horaire, ce qui les motiverait davantages comme vous dites ! bonne soirée à vous

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    • 14 novembre 2016 à 17 h 48 min
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      Les profiteurs du systeme sont ceux qui font des millions pas 500€ pauvre âne.

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  • 7 août 2016 à 16 h 47 min
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    Faire travailler un minimum les gens percevant un RSA, création d’emploi, encourager les chômeurs à retrouver un emploi… mais ce sont des propositions du programme de DLF il me semble….
    Pourquoi protester par un vote FN qui n’a pas de solutions viables sur le plan économique notamment, alors que Nicolas Dupont-Aignan propose un redressement ciblé et clair de notre économie et de notre société.
    Les 2 projets sont à comparer, me concernant, c’est tout vu: #NDA2017. Ni système – ni extrême.

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    • 7 août 2016 à 22 h 44 min
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      Bonsoir Thierry et Fred, merci de vos commentaires que j’ai lus avec attention. Il ne m’appartient pas ici de juger de la validité de tel ou tel programme, toutefois en l’état actuel des choses, de l’opinion publique et de la répartition des forces politiques, les quatre hypothèses évoquées dans cette analyse restent susceptibles de favoriser le vote en faveur du Front National (FN) en 2017. Aussi, dans le cas d’un duel Hollande – Le Pen au 2ème tour, je pense improbable que les électeurs de DLF puissent aller voter Hollande, encore plus considérant les vives circonstances. Si l’on compare les programmes du PS et de DLF avec celui du FN, il me semble que ceux de DLF et du FN sont plus proches l’un de l’autre que de celui du PS. Merci encore d’avoir partagé votre opinion, bonne soirée et à bientôt sur http://cyceon.fr 🙂

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