En accusant Moscou de cyberattaque, Hillary Clinton ferait-elle diversion?

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Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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On se croirait en 1953 quand les conservateurs anti-communistes voyaient des agents de Moscou partout. Politiquement excessifs, ils n’avaient d’ailleurs rétrospectivement pas tout à fait tort quant à la capacité de l’Union soviétique (URSS) de s’infiltrer au cœur de l’appareil politique des Etats-Unis. Sauf que nous sommes en 2016 et que ce sont les Démocrates, parés de toutes les vertus du progrès et de la tolérance, qui voient le pirate russe derrière chaque octet sortant des serveurs de leur parti. Qualifiant d’insultantes les accusations américaines selon lesquelles la Russie aurait aidé Wikileaks à dévoiler 19.000 e-mails du Parti Démocrate, les autorités russes répètent qu’Hillary Clinton n’en a pas encore fourni la moindre preuve.

S’il ne fait aucun doute que la Russie s’intéresse de près à la politique américaine, il faut préciser qu’elle s’intéresse tout autant au Parti Républicain mais aussi que les Etats-Unis font certainement de même concernant la vie politique russe. Cette « campagne » contre la Russie intervient en fait à point nommé pour Clinton. Ayant elle-même été imprudente avec la sécurité nationale des Etats-Unis en travaillant avec des données classifiées depuis un serveur personnel lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat, elle a échappé à une inculpation fédérale que pourtant beaucoup de juristes estimaient probable – en comparaison par exemple au sort réservé à l’ancien directeur de la CIA et général David Petraeus congédié du jour au lendemain pour des faits beaucoup moins graves en relation avec une tierce personne elle-même dûment habilitée.

On notera donc que si Clinton avait sombré dans les sondages suite aux déclarations du directeur du FBI James Comey relatives à son imprudence, voilà qu’elle renoue avec les sommets à mesure que les accusations contre la Russie se multiplient. Prudence donc car lorsque les élections russes auront lieu, le président Vladimir Poutine et ses camarades n’hésiteront pas à retourner les accusations.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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