Les méchants « Russes » de l’affaire Benalla, une tentative maladroite qui finit mal ?

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« Lorsqu’on entreprend certaines choses, mieux vaut savoir où l’on met les pieds, » nous dit un ancien.

Ces quelques mots résument en partie le sentiment que l’on peut avoir après cette tentative présumée de contre-feu allumé par des individus dont on peut supposer, considérant leur financement, qu’ils sont plus proches d’Emmanuel Macron que de quiconque d’autre sur la scène politique française.

Ce qui ne veut aucunement dire que ces gens ou leurs travaux soient mauvais ou inutiles.

Empêtré dans l’affaire Alexandre Benalla et alors que toutes les données convergeaient pour en mesurer l’impact significatif – et négatif – sur l’image du président de la République, voilà que soudainement est apparue une jolie histoire qui nous aurait plus réjoui encore si elle avait eu lieu pendant la guerre froide – et nous aurions bien sûr été à l’ouest.

Des « bots » russes – ou russophiles – auraient potentiellement et artificiellement augmenté la résonance de l’affaire Benalla sur les réseaux sociaux, Twitter en tête. Les informations disponibles ont convaincu Le Politique qu’une telle hypothèse paraissait d’emblée improbable pour des raisons à la fois de planification, de mode opératoire et surtout d’efficacité.

En effet, cette dernière est vite apparue extrêmement basse voire nulle pour les comptes de réseaux sociaux qu’on aurait pu soupçonner d’être d’origine étrangère – mais pas exclusivement russe, il est d’ailleurs difficile d’en déterminer la véritable nationalité. Dès lors, le rapport coût-bénéfice était si négatif qu’il ne collait manifestement pas avec les occurrences dûment constatées auparavant.

Aussi, notre analyse du sentiment des réseaux sociaux – sur le terrain virtuel – collant parfaitement avec le sentiment constaté empiriquement – sur le terrain réel – a-t-on vite émis l’idée que toute cette histoire de « méchants russes » ne tenait probablement pas debout.

« Confondre l’appartenance à un environnement virtuel manifestement pro-russe et le traitement effectif par « les Russes » sont deux choses extrêmement distantes en matière de concrétisation opérationnelle. On est peut-être ici dans un cas classique de mirror effect et de perception bias conjugués, » explique Charles Rault, analyste.

En conclusion, est-il possible que toute cette histoire – désormais dûment démentie – n’était qu’une bien maladroite tentative de reprendre la main après les dégâts terribles de l’affaire Benalla en accusant quelques hystériques d’avoir « fait monter la sauce ».

Sauf que les faits sont têtus : de nombreux Français, bien réels, se sont exprimés d’eux-mêmes sur les réseaux sociaux, très probablement aucunement influencés par quelque intérêt étranger, et n’ont guère apprécié l’affaire Benalla, ni la piscine de Brégançon, ni l’absence aux commémorations d’Amiens, ni la future nouvelle hausse des taxes sur les carburants, etc…

Etre à l’écoute vaut mieux que de construire un storytelling si bancal qu’il ne convaincra surtout pas des analystes expérimentés. Que l’on soit vigilant contre toute ingérence étrangère et/ou hostile est indispensable, mais qu’on tente d’en créer une artificiellement à des fins politiques est très dommageable pour la crédibilité de la parole politique.

Lire aussi Le « fichage » des présumés « bots » de l’affaire Benalla fait scandale

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