Emmanuel Macron et En Marche menacent-ils votre Liberté d’expression ?

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Charles Rault, Analyste, spécialiste de l’information et fondateur de Le Politique aborde cette fois un sujet qui concerne tout le monde. Il revient sur le récent vote de la loi anti-Fake News et sur la menace grandissante qui plane sur notre Liberté d’expression. Sans nier la réalité d’une guerre de l’information de plus en plus intense, il estime que de bonne volonté peut-on lourdement se tromper. Un éclairage utile, totalement indépendant, dans une République au débat politique de plus en plus réduit.

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Transcription

La tentative inadmissible d’associer ces millions de Français qui ont critiqué le comportement du président de la République Emmanuel Macron et de son gouvernement En Marche dans l’affaire Alexandre Benalla à une fumeuse opération d’information en provenance de Russie rappelle une problématique de fond autrement plus inquiétante.

Retour donc sur la Liberté d’expression dont on peut estimer qu’elle est en danger depuis cette inquiétante campagne présidentielle 2017 dont les circonstances suscitent encore quelque doute chez des millions d’électeurs qui conservent le sentiment que l’élection leur a été volée.

François Fillon avait prévenu et peut-être ne croyait-il pas si bien dire tant le séquençage, la mise en branle des éléments destinés à l’assassiner politiquement ont furieusement ressemblé à une volonté délibérée de l’éliminer de la course à l’Elysée. Ceux-là mêmes qui crient à la fausse nouvelle dès qu’une critique émerge ont pourtant bénéficié à plein des fausses nouvelles les plus aberrantes, les plus écœurantes de la campagne présidentielle 2017.

Même si François Fillon en fut la principale victime, cette vaste opération de décrédibilisation a également touché ses concurrents Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Gageons aussi que si Nicolas Sarkozy avait représenté la droite, il aurait été la cible d’une opération plus virulente encore.

Plus d’un an après reste vivace ce souvenir d’une campagne où s’interroger, poser une simple question sur d’éventuels manques, de potentielles lacunes du programme présidentiel d’Emmanuel Macron suscitait une animosité inédite ponctuée de campagnes médiatiques, de harcèlement virtuels et même d’ordres de retrait immédiat d’articles estimés défavorables.

Jamais n’avait-on vécu de tels procédés avec quiconque, de droite à gauche, des socialistes aux communistes aux fillonistes aux marinistes, jamais aucun d’eux ne s’est comporté avec aussi peu d’esprit démocratique. Dans cette ambiance délétère a commencé le mandat de celui qui, alors qu’il a tout gagné, trouve tout de même le moyen d’expliquer qu’il est une victime. Pardon mais tout de même, le résultat est là, trouvez-vous qu’il ait perdu au change ?

La désinformation a toujours existé et cela ne veut pas dire qu’elle est acceptable ou qu’elle ne constitue pas un danger pour notre démocratie. Mais n’avez-vous pas cependant noté que depuis que les peuples votent différemment de ce que souhaite le consensus mal-nommé « progressiste », comme à l’occasion du Brexit, de l’élection de Donald Trump ou de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, a émergé soudainement l’horrible « Fake News » dont certains osent expliquer des heures durant dans les grands médias que quelques ridicules informations distillées pauvrement sur les réseaux sociaux réussiraient à contrebalancer la mainmise quasi-totale dudit consensus démocratique et populaire sur les médias.

Aux Etats-Unis où Hillary Clinton estime que tout est responsable de sa défaite sauf elle, les démissions des cadres du parti démocrate ont bondi, exaspérés par l’obsession selon laquelle quelques tweets – forcément un peu russes – auraient vaincu la candidate servie, aidée et supportée par 98% des médias.

Oui la guerre de l’information existe, oui la Russie ou la Chine ne nous veulent en effet pas toujours du bien, mais que de regards affligés dans ces bureaux du Maryland ou de Virginie quand sur CNN ou sur MSNBC on explique que Russia Today (1) a fait voter Donald Trump à l’ouvrier pauvre et blanc de l’Illinois. Problème, ce dernier a souvent voté Barack Obama les deux fois et il ignore complètement ce qu’est Russia Today puisqu’il ne la reçoit pas sur le câble, en plus d’être pris pour un imbécile.

En France trouve-t-on les mêmes affirmations totalement déconnectées de la réalité à l’exemple d’un ministre macroniste affirmant que l’économie va bien et que le pouvoir d’achat augmente, au contraire absolu de la réalité quotidienne des Français qui notent – statistiques pourtant officielles en main – que le chômage bat toujours des records et que le prix du carburant atteint un niveau délirant à la faveur d’une hausse des taxes. Cette dernière est elle-même l’objet d’une fausse nouvelle propagée par ceux-là même qui ont légiféré pour la punir.

Ce serait la faute au cours du pétrole sauf qu’en 2014 quand il était autrement plus élevé, le prix des carburants était bien plus bas. Rebelote avec le prix du gaz car, je cite, « le prix des marchés a augmenté » sauf qu’il cote à la moitié de ce qu’il était en 2014. Exit aussi le renchérissement du dollar car en faisant le calcul, ça ne colle toujours pas.

A la faveur de la loi anti-Fake News, on utilise l’argument de bonne volonté qu’est celui de lutter contre les fausses informations pour réduire toujours plus la Liberté d’expression. Alors que la République française et son vaillant esprit démocratique crèvent d’un débat politique de plus en plus binaire où la moindre critique politique récolte l’anathème systématique, qui critique Marlène Schiappa est un horrible misogyne, qui critique Bruno Le Maire est un affreux CGTiste, qui critique Emmanuel Macron est un dangereux populiste.

La loi de 1881 suffisait amplement à combattre les fausses nouvelles et c’est pour cela que si l’intention de la nouvelle loi est bonne, son application risque d’être celle d’une arme politique contre vous les citoyens. De droite, de gauche, du centre, sans opinion, n’oubliez jamais que la Liberté d’expression à l’instar de la démocratie ne sont pas des faits sui generis mais les résultats de l’Histoire.

Mouvante, cette dernière peut aussi vous en priver si vous ne prenez pas garde à qui vous confiez les clefs de la nation. Entendez bien ce message et ne laissez jamais personne vous dire que penser, qui lire, écouter ou regarder. La Liberté de pensée n’est pas négociable, il n’y a pas d’alternative.

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(1) Je ne suis personnellement pas un téléspectateur de Russia Today.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

2 pensées sur “Emmanuel Macron et En Marche menacent-ils votre Liberté d’expression ?

  • 7 août 2018 à 10 h 55 min
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    Ce type macron est une menace tout court pour le pays. Ce freluquet arrogant, méprisant, prétentieux, narcissique se croit revenu au temps de la monarchie. Il est temps qu’il prenne une bonne claque, ce qui a failli se produire avec Benalla et sa relation très suspecte avec cet individu. Je n’ai pas voté pour lui et j’espère bien qu’il ne sera pas réélu en 2022. Les retraités devraient se souvenir de lui et de sa hausse scandaleuse. Qu’il disparaisse de nos écrans au moins pendant les vacances !

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  • 8 août 2018 à 2 h 13 min
    Permalink

    Le pire est à venir hélas! La dérive présidentielle risque de s’accentuer au fil du temps et la réforme de la Constitution en constituer le point d’orgue a moins qu’une réaction ne se produise devant la roublardise de la manoeuvre….consistant a faire porter le chapeau aux députés et sénateurs bien trop nombreux et trop contestataires…et en « réorganisant « la république au profit d’une présidence ayant les pleins pouvoirs sur un pseudo parlement…supposé représenter le peuple. L’enfumage qui existe déjà risquant alors de devenir une mode courant de gouvernement.
    Rappelez vous que les promesses n’engagent véritablement que ceux qui les écoutent….et que lorsque la pression augmente de trop …le risque d’explosion devient une épée de Damoclès au dessus de nos têtes …

    Répondre

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