Retour sur l’affaire d’Etat Alexandre Benalla et la chute d’Emmanuel Macron

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Charles Rault, Analyste, spécialiste de l’information et fondateur de Le Politique revient sur l’affaire Alexandre Benalla et surtout sur cette information d’une ONG « luttant contre la désinformation » insinuant que l’affaire résulterait principalement des extrêmes politiques et/ou d’une opération russophile. Un éclairage utile, totalement indépendant, dans une République au débat politique de plus en plus réduit.

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Transcription

Cette semaine, je vous parle de l’affaire qui agite la République française depuis plus de deux semaines. C’est presque devenu notre Watergate même si l’issue devrait différer considérant les caractéristiques de notre constitution.

Retour donc sur l’affaire Alexandre Benalla, ce désormais très connu bagagiste payé 6.000 euros net par mois, disposant d’un accès H à l’Assemblée nationale, d’un port d’armes, d’un véritable arsenal d’au moins 4 armes de poing et d’un fusil à pompe et même, cerise ultime sur le gâteau hallucinogène de la macronie, d’un passeport diplomatique.

Je ne referai pas la chronologie ni ne rappellerai tous les faits que vous connaissez déjà sûrement et si tel n’est pas le cas pouvez-vous les retrouver en cherchant avec le mot-clef Benalla sur lepolitique.fr. Je reviens toutefois sur cette information un peu étrange qui a piqué hier soir ma curiosité à savoir cette tentative un peu désespérée de générer une opération d’information à la fois de basse intensité et de basse compétence visant à diffuser la conclusion d’une curieuse ONG disant lutter contre la désinformation.

Cette information, propagée de façon très simultanée par plusieurs grands médias et permettant donc d’en tirer des conclusions aisées sur sa véritable nature ou origine, affirme que seulement 1% des comptes de réseaux sociaux ont émis 44% soit presque la moitié de tous les tweets relatifs à l’affaire Benalla. Si cette information n’est pas forcément fausse d’un point de vue numérique, nous ne l’avons pas vérifié nous-mêmes mais cela nous semble possible, sa tentative d’insinuer le doute nous paraît toutefois condamnable et erronée pour au moins deux raisons.

D’abord, il s’agit de faire croire aux Français que si l’affaire Benalla existe c’est à cause des extrêmes politiques, de droite comme de gauche, soit à cause d’une opération d’influence russe, soit des deux. S’il est fort possible que ces comptes aient représenté une part notable du flux relatif à l’affaire Benalla, en faire les responsables principaux de l’affaire est une explication au mieux fallacieuse au pire carrément malhonnête.

Rappelons qu’un nombre massif de comptes de réseaux sociaux, dûment identifiés, de toute opinion politique, a commenté l’affaire Benalla et émis des points de vue le plus souvent négatifs vis-à-vis de la réaction tant d’Emmanuel Macron que de la majorité LREM. Cette tentative de jeter l’anathème sur tout citoyen qui ose s’interroger, qui au fond ose participer au débat républicain, fondement de notre démocratie est un jeu hautement dangereux qui pourrait bien se retourner un jour contre ses initiateurs. A force de crier au loup, Emmanuel Macron prend le risque qu’on ne le croit plus le jour où il dira vrai.

Rappelons donc, et c’est malheureusement indispensable, que l’on peut être à l’instar de Le Politique et de très nombreux internautes, élus, députés, sénateurs que l’on peut être 100% pro France, n’avoir aucune accointance avec quelque intérêt étranger que ce soit, n’appartenir à aucun extrême et estimer légitimement que l’affaire Benalla est une affaire d’Etat et qu’elle pose de sérieuses questions quant au mode de gouvernement d’Emmanuel Macron.

Cette énième tentative d’étouffer tout débat, toute velléité de s’interroger s’inscrit dans une dynamique inquiétante visant à priver de parole toute personne ayant le mérite de développer quelque réflexion argumentée sur l’actualité politique. Plus encore que les agissements d’Alexandre Benalla, ce sont les réactions d’Emmanuel Macron et de sa majorité qui choquent les Français et les inquiètent.

Combien aujourd’hui se demandent « mais à qui avons-nous confié le pouvoir ? qui sont ces gens ? » Cette interrogation légitime, cette envie que tout soit tiré au clair ne résulte aucunement d’une quelconque opération hostile et/ou étrangère mais d’une réaction démocratique saine visant à rappeler à Emmanuel Macron sa promesse d’exemplarité mais aussi à s’assurer que la République est sauve.

En effet, au-delà de Benalla lui-même, et Le Politique insiste sur ce point, qu’en est-il de l’intégrité au plus haut niveau de l’Etat ? Considérant les agissements discutables, les usurpations inquiétantes de plusieurs des individus impliqués et considérant leur proximité, armée, avec le PR, est-on en droit de s’inquiéter de la perméabilité potentielle de l’Elysée face à d’éventuelles opérations, plus complexes, peut-être menées à l’insu des divers protagonistes.

Ainsi, il ne s’agit pas d’incriminer qui que ce soit ou de formuler quelque accusation fantaisiste mais sur le fondement de l’élémentaire principe de précaution de diligenter une enquête indépendante et spéciale afin d’identifier d’éventuelles vulnérabilités et de les combler le cas échéant. Ce qui serait fait dans n’importe quel autre pays développé dans de telles circonstances doit également avoir lieu en France, surtout si l’on prend en compte les avertissements répétés d’Emmanuel Macron quant à une « menace » russe. Il n’est pas anodin que des civils armés, aux actions discutables, aient pu graviter autour du PR pendant si longtemps.

Il est donc indispensable de s’assurer de leurs intentions et leurs éventuelles, peut-être involontaires, ramifications. Si possible sous l’autorité du Sénat puisque l’exécutif est directement impliqué dans l’affaire Benalla. Pour conclure, insistons sur les dégâts réels provoqués par l’affaire dans l’opinion publique, contrairement à ce qu’affirme l’administration Macron, ceux-ci sont profonds et la confiance est rompue.

Si Macron est fixé à 27% dans les sondages, Le Politique l’estime bien plus bas et même sous la barre des 20% d’opinions favorables. Actuellement, et selon les données empiriques, Emmanuel Macron est donc plus impopulaire que son prédécesseur François Hollande au même moment de son quinquennat.

La cote d’alerte a été largement enfoncée et si le PR pense que l’affaire Benalla sera vite oubliée, son hypothèse semble très audacieuse au vu des données disponibles même si quatre ans, c’est long. Hormis changement radical surtout dans son mode de gouvernance à l’Elysée, il est fort à parier que d’autres comportements viendront régulièrement rappeler aux Français l’affaire Benalla.

L’avis que l’on a de la réalité n’est pas la réalité, et cette affirmation simple est quelque chose qui semble tout à fait étranger à Emmanuel Macron et ses soutiens. Se rendre au marché et discuter avec les gens, ceux qui ne sont rien, leur feraient donc le plus grand bien. Au final, l’affaire Benalla doit être éclaircie et les organes compétents de l’Etat doivent y contribuer. Le Sénat conserve aussi là un rôle essentiel et j’y reviendrai dans une prochaine émission.

Je termine cette émission avec une pensée pour la famille, les proches et les amis d’Adrien Perez, assassiné à 26 ans d’un coup de couteau dans le cœur alors qu’il tentait, héroïquement, de sauver un ami d’une agression extrêmement violente. J’exprime aussi mon incompréhension du fait qu’Emmanuel Macron, si prompt à célébrer Mamoudou Gassama, n’en ai pas dit un mot. Ce type de fait doit cesser, la sécurité est la première des libertés et le fondement de notre contrat social avec l’Etat. Il y a donc urgence à agir efficacement contre l’insécurité.

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