Européennes 2019 : Emmanuel Macron et En Marche sont-ils vraiment en tête ?

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Pour Le Politique, le premier tour de l’élection présidentielle 2017 demeure en quelque sorte un mystère. Jamais les enquêtes de terrain n’avaient aussi peu corroboré des résultats officiels tandis que les premières annonçaient Emmanuel Macron à 18%-19% maximum et que les deuxièmes l’ont fixé à 24% environ.

Sans contester aucunement ces résultats officiels et considérant que l’erreur fut bien sûr celle de nos données et de nos analyses, les quelques données partielles étudiées concernant l’élection européenne de 2019 laissent entrevoir un scénario similaire.

En effet, celles-ci montrent qu’Emmanuel Macron et En Marche navigueraient plutôt entre 16% et 19% des voix, sachant que dans certaines catégories d’âge – les jeunes de 18 à 25 ans en particulier – le chef de l’Etat explore les abysses politiques avec à peine 13%. Dans ce cas, comment une fois de plus expliquer un tel décalage avec les sondages (1) qui les annoncent autour de 23%-25% ?

« De même que pour ces sondages qui annoncent un Laurent Wauquiez très contesté alors qu’il est au contraire très plébiscité par les militants Républicains (LR), circulent des données distribuées par les grands canaux médiatiques qui ne semblent guère confirmées par des données empiriques, » explique Charles Rault, analyste.

« Pour Emmanuel Macron, c’est pareil. Quand on mesure le mécontentement général et surtout sa chute verticale chez les retraités sans lesquels il n’aurait jamais atteint le second tour de la présidentielle, on échoue à expliquer un tel décalage avec les sondages publiés concernant les européennes. »

Véritable singularité politique, Emmanuel Macron réussit donc même sa « disruption » en matière de statistiques et de probabilités puisque ce que dit le terrain semble encore contredire les sondages. « Pour le premier tour de la présidentielle 2017, on en a déduit que des millions d’électeurs ont caché qu’ils voteraient Emmanuel Macron. Le problème est que l’avoir apparemment caché demeure inexpliqué, » ajoute Charles Rault.

Après la hausse de la CSG, des impôts, des taxes, du prix du carburant, après la réduction des APL, des services publics, des écoles en zone rurale, après de nouveaux records en matière de chômage, une croissance et une consommation en berne, une crise migratoire incontrôlée, une insécurité grandissante, et donc objectivement un échec général dans tous les domaines mesurables, il serait tout de même surprenant qu’une majorité d’électeurs place En Marche en tête aux européennes.

A moins que le contexte ne change très positivement d’ici l’échéance, cette contradiction est tellement rare, tellement tendue dans son extension entre le haut résultat annoncé par les sondages et le mécontentement évalué au sein de l’électorat, qu’elle est inexplicable.

En bref, une victoire d’Emmanuel Macron aux européennes en 2019 serait un peu l’équivalent de la courbure réussie de l’espace-temps pour un physicien, dans le contexte actuel et immédiat.

Pour comparer, nous vous invitons à compter les gens suffisamment satisfaits d’Emmanuel Macron et d’En Marche autour de vous pour aller voter en leur faveur aux élections européennes. Si vous en trouvez autant que dans les sondages, merci de nous en informer ci-dessous en commentaire.

Notes

(1) Le Politique ne dit pas que les sondages ont tort mais s’interroge simplement sur ce décalage empirique que chacun peut aisément constater en demandant autour de lui. En effet et en utilisant les mêmes procédés analytiques, Le Politique a notamment réussi à prévoir Donald Trump dès l’été 2015, la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre ou encore les quatre meilleurs candidats dans l’ordre de l’élection à la présidence des Républicains (LR).

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Le Politique publie divers articles destinés à susciter le débat politique.

6 pensées sur “Européennes 2019 : Emmanuel Macron et En Marche sont-ils vraiment en tête ?

  • 3 juillet 2018 à 14 h 51 min
    Permalink

    Votre chiffre de 13% d’intention de vote LREM chez les jeunes, m’interpelle, et s’il est fondé montre une chose — une jeunesse sans ambition, sans vision, qui a jeté l’éponge avant même que de commencer de vivre. Car s’il est un credo qu’E. Macron tente d’instiller aux jeunes depuis son élection, c’est de ne pas se contenter de peu, d’oser l’initiative et de voir en grand leur avenir, quand tous ses prédecesseurs leurs assuraient surtout des droits au chômage.
    La jeunesse en France est-elle un état enviable ?

    Répondre
    • 3 juillet 2018 à 23 h 46 min
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      La jeunesse en France, souhaite-t-elle vraiment le modèle de société que lui propose Macron ? Ce modèle fondé sur l’argent roi au détriment de toute autre valeur ?

      Répondre
  • 3 juillet 2018 à 16 h 26 min
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    C’est le Rassemblement Nationale qui sortira en tête des élections européennes ! C’est d’ailleurs le seul parti politique qui combat l’UE et sa politique migratoire !
    N’oublions pas que Matteo Salvini fait partie du même groupe avec Strache le vice chancelier autrichien !
    Macron en 2019 fera un bide comme tous les partis Europeistes LR REM UDI MODEM PS !!!

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    • 4 juillet 2018 à 11 h 02 min
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      C’est d’ailleurs le seul parti politique qui combat l’UE et sa politique migratoire ! FAUX, ARCHI FAUX : Le FN n’a jamais demandé de sortir de l’UE, jusqu’à très récemment. JMLP a été député européen depuis 1984 , plus de 5 millions de rémunérations.
      En 30 ans pas une seule fois il n’a demandé à sortir de l’UE.

      https://www.crashdebug.fr/index.php/actualites-france/8504-walter-hallstein-un-nazi-1er-president-de-la-commission-europeenne

      Election de 2012
      -Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République !) : Pour le candidat souverainiste et gaulliste, la France doit tout d’abord sortir du commandement de l’OTAN, comme l’avait fait le général de Gaulle, et augmenter sa puissance militaire en consacrant 2% du PIB à la Défense (hors pensions versées aux militaires et associés). Le député-maire de Yerres veut également « libérer la France de l’UE » en supprimant notamment les instances supranationales telles que la BCE ou la Commission Européenne, et créer en échange des « agences européenne de coopération » sur des projets précis (santé, écologie…).
      –Marine Le Pen (Front National) : Le projet de la candidate d’extrême-droite est de redonner à la France un statut fort à l’internationale, militairement et diplomatiquement. Pour ce faire, Marine Le Pen veut faire monter le budget de la défense à 2%, construire un second porte-avions, quitter l’OTAN, et nouer des liens et des partenariats forts avec la Russie. Pour l’Europe, Marine Le Pen prône une renégociation des traités européens pour redonner à la France la souveraineté de ses frontières, que la France quitte l’euro pour retourner à une politique monétaire nationale, et également que la contribution nette de l’hexagone à l’Europe soit nulle. Comme pour Nicolas Dupont Aignan, l’Europe se définira pas des coopérations innovantes, comme ce fut le cas pour Ariane et Airbus.
      coparaison des programmes de 2012 :https://www.melty.fr/presidentielle-2012-les-programmes-des-candidats-actu103220.html

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    • 5 juillet 2018 à 23 h 11 min
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      Oui j’espère que cette fois ci le Rassemblement National atteindra les 30 % 👍 !

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  • 4 juillet 2018 à 10 h 23 min
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    Je ne connais personne autour de moi content de MACRON. ceux qui ont voté pour lui avouent l’avoir fait pour faire barrage au FN, les autres assument une abstention qui a porté macron au pouvoir. Les statistiques sont un instrument du pouvoir, pour mobiliser ou démobiliser. De plus les chiffres ont leur fait dire ce qu’on veut, surtout quand on a le fils de sa femme président d’un des grands instituts de sondage.

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