Pourquoi peut-on penser que l’alternance en 2022 est mission impossible pour la droite ?

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

Après bientôt un an de présidence d’Emmanuel Macron, les critiques à son égard ne manquent ni en nombre ni en légitimité tant il y a de points contestables et tant la communication politique à outrance nuit à la transparence et à la bonne compréhension des enjeux.

Malgré cela, et à ce jour, Emmanuel Macron semble fort bien parti pour gagner un deuxième mandat présidentiel en 2022.

Certains trouveront un tel pronostic prématuré et ils auront raison dans le sens où celui-ci ne saurait présager des conditions qui, demain, présideront au vote des Français. C’est donc plutôt par utilité et plus encore par appel au sursaut et à la lucidité que sont écrites ces quelques lignes.

Trois simples constats suffisent à comprendre combien quatre ans seront bien courts et pourquoi la reconquête, si volonté y’a-t-il, doit s’organiser dès maintenant.

Le premier constat est qu’Emmanuel Macron bénéficie d’une force médiatique et financière inégalée entre le soutien massif des médias en sa faveur et les plus de 100 millions d’euros de subvention versés pour la période 2017-2022 à son parti politique En Marche (LREM).

Le second constat est que la droite – ou les droites – demeure très désunie, désorganisée et ne saurait espérer quelque victoire d’alternance avec autant de candidats que de chapelles.

Le troisième constat est que l’en même temps d’Emmanuel Macron est aussi exaspérant qu’il empêche toute recomposition politique à une échelle suffisamment grande pour le mettre en danger, et c’est probablement là le fruit véritable de sa stratégie de « disruption ».

Ces trois constats résument l’immense chantier que la droite au sens large doit entreprendre si elle souhaite un jour ravir le pouvoir à celui qui a affirmé l’avoir gagné « par effraction ». Unité, force médiatique, reconstruction militante sont les trois ingrédients indispensables à une victoire future de la droite.

Majoritaire dans les idées mais concurrencée par Emmanuel Macron sur certains points, déboussolée et réduite à portion congrue tant financière que parlementaire, la droite ne semble pas avoir tout à fait mesuré l’ampleur du travail qu’il lui faudra accomplir pour reconquérir le pouvoir.

L’insondable lacune médiatique, la politesse excessive et la paralysie idéologique maintiennent la droite dans le précipice dans lequel elle-même et Emmanuel Macron l’ont jeté. La conclusion est rude mais lucide, aujourd’hui la reconquête par la droite n’a peut-être jamais paru aussi lointaine.

A l’impossible personne n’est tenu, mais si Emmanuel Macron l’a fait, qui d’autre ?

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

6 pensées sur “Pourquoi peut-on penser que l’alternance en 2022 est mission impossible pour la droite ?

  • 20 avril 2018 à 20 h 13 min
    Permalink

    Exprimé comme vous le faites en effet cela semble logique! Mais avant de parler de reconquête, il faut de nouveau communiquer exprimer des idées et échanger. C’est ce que les LR et autres micro partis font! Il faudra donc le temps que les idée mûrissent, qu’il en sorte un programme réalisable avec enfin une véritable intention de faire baisser la dette et les coûts d’une administration trop gourmande, donc mal gérée. Cela passe aussi par une meilleurs gestion plus humaine contre les vagues migratoires ! Et à négocier le plus vite possible pour renvoyer les illégaux qui ne risque rien dans leurs pays d’origine! faire évoluer l’UE pour le meilleurs des européens! et non pas pour ceux qui croient bien la gérer.
    En dernier ressort, faire une primaire fermé où chaque partis de droite le où la présentera son programme aux adhérents à jour de leurs cotisations, afin de faire émerger celle où celui qui sera le mieux à même de remporter l’élection « suprême »???? Dans le cas contraire je pense que votre théorie à toutes ses chances de se vérifier.

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    • 20 avril 2018 à 20 h 18 min
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      Merci Monsieur pour votre commentaire utile et intéressant. A bientôt 🙂

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    • 2 mai 2018 à 12 h 38 min
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      Cet analyste Ch.Rault semble faire partie des adorateurs de Macron en cherchant à décourager et à démobliser les forces de Droite plus importantes et plus motivées qu’il n’y parait.
      Personnellement je pense que le travail de fonds que font DLF avec l’intègre NDA et le PCD peuvent changer la donne s’ils arrivent à convaincre suffisamment de LR et de FN éclairés : de l’importance vitale d’un programme commun sérieux et crédible sur une refondation de l’Europe basée sur des Nations convaincues de travailler ensemble sur de grands projets réalisables et sur une protection des frontières pour limiter au mieux l’invasion immigratoire en particulier celle de l’Islam politique et mortifère, destructeur des valeurs démocratiques et enfin sur une politique sociale plus indépendantes du Capital financier; c’est vrai que cela fait beaucoup de conditions mais les élections européennes de 2019 peuvent être un déclic qui annonce des prises de conscience.
      Enfin il ne faut surtout pas sous estimer l’impact qu’a eu dans la France profonde les mesures d’austérité et anti sociales que Macron a pris contre les Retraités (CSG et APL) et la surabondance de macromania dans les médias qui vont finir par lasser, rendre insupportable et révolter une masse de gens !

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      • 2 mai 2018 à 12 h 50 min
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        Décrire l’auteur de cet article comme « adorateur de Macron » est probablement le « meilleur » commentaire de l’année. Pour lire plus d’articles « pro-Macron », cliquez ici. 😀

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  • 21 avril 2018 à 16 h 10 min
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    Je m’interroge sur la légiimité des 100000 M.€de subvention touchés par E.M. après les élections.En effet,j’avais compris que E.Macron,ayant pris la direction d’un mouvement et non d’un parti,n’était pas assujetti à un certain montant de dépenses de campagne,et pouvait recevoir des sommes non réglementées,de la part de n’importe quelle source.Est ce donc normal,(vue l’absence de réglementation pour financer son mouvement et donc l’absence de droit de regard de l’état),que ce mouvement touche des subventions de l’Etat.Excusez moi pour cette question ,sans doute ,inadéquate,mais j’essaye de m’informer au mieux,j’écoute,je réfléchis,mais ne suis pas suffisamment informée,quant aux mécanismes de politique,politicienne ou bien d’autres domaines subtiles et tordus.Merci pour votre éclaircissement.
    i

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  • 2 mai 2018 à 14 h 57 min
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    bien d’accord sur votre analyse concernant la paralysie de la droite, et je soutiens que Wauquiez qui n’est pas un orateur et qui a le charisme d’un aspirateur des années 50 a été placé là par l’oligarchie politico–financière pour paralyser l’opposition de droite. On ne peut plus espérer qu’en Ciotti.
    Outre l’inexistence volontaire et programmée de la droite, ce qui va servir le plus Macron, ce sont les abstentionnistes: aux européennes, l’opposition et notamment la droite étant inexistante , nous aurons un taux d’abstention énorme, et on nous rejouera le second tour des Présidentielles, où il a été élu par env. 24% de voix positives par rapport aux inscrits (le reste étant un vote anti MLP), et où il a obtenu une majorité absolue à l’AN avec 12% des inscrits (ce qui lui vaut quand mêmee ce financement de 100 Millions d’Euros, alors que son parti, et lui même, ne sont ni représentatifs ni légitimes d’un point de vue démocratique. C’est là sa seule force, et on comprend l’intérêt de ceux qui le soutiennent de supprimer toute velléïté d’opposition réelle de la droite. Wauquiez est là pour ça.

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