« Rien n’est décidé » concernant la taxe foncière dit Macron, doit-on s’inquiéter ?

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Début mars 2017, lorsque Le Politique écrivit que la suppression de la taxe d’habitation mènerait logiquement à une refonte de la taxe foncière et osa poser la question de la disparition de la « propriété » dans le cas où la nouvelle taxe foncière comporterait une part variable, En Marche (LREM) nous intima de retirer nos articles puis la presse partenaire nous accusa de « Fake News » sans même attendre nos explications.

Hier 16 avril 2018, à l’occasion d’un long entretien télévisé avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel sur BFMTV et Mediapart, le président de la République Emmanuel Macron a insisté sur la compensation – miraculeuse – de la suppression de la taxe d’habitation par des « économies ».

Mais, car il y a bien un mais, « rien n’est décidé » concernant une « refonte de la fiscalité locale » dont la taxe foncière pour laquelle Renaud Dutreil avait annoncé, dès fin mars 2017 et représentant alors Emmanuel Macron devant les Notaires de France, la transformation en « super-taxe foncière ».

Deux enseignements donc : d’abord, Emmanuel Macron confirme des informations qu’il a lui-même démenties pendant la campagne présidentielle 2017 à savoir qu’une modification de la taxe foncière aura très probablement lieu et viendra logiquement compenser – en plus de toutes les autres de taxes déjà en nette hausse – la suppression de la taxe d’habitation.

Rappelons que le premier ministre Edouard Philippe avait dit « ne pas être sur la table » une taxe foncière variable selon le revenu, et n’indiquant donc pas pour autant qu’elle était définitivement écartée. Ensuite, la refonte de la taxe foncière reste donc « une piste » qui, même si Emmanuel Macron affirme « qu’il n’y aura pas de nouvel impôt », pourrait profondément bouleverser la fiscalité de l’immobilier et des collectivités locales.

De même peut-on continuer à s’interroger sur pourquoi le chef de l’Etat exclut l’immobilier de ce qu’il appelle « l’économie réelle ». En quoi l’immobilier et ses corollaires à savoir construction, entretien, énergie consommée, jardinage, consommation locale, etc… ne participeraient-ils pas de l’économie réelle ?

La « Fake News » dénoncée tous azimuts par l’équipe d’En Marche affolée de notre involontaire pavé dans la mare bien opaque du programme présidentiel de Jupiter n’en était pas une. Le Politique avait et a toujours d’excellentes informations, et hier soir, Emmanuel Macron a confirmé ce que nous avions écrit. De la même façon qu’il n’y aura pas de nouvel impôt, dit-il, personne n’aura manqué l’augmentation sensible de multiples impôts et taxes déjà existants. Rendez-vous à la pompe à essence pour le constater par exemple.

Considérant le déséquilibre que ne manquera pas de susciter la suppression de la taxe d’habitation et puisque comme le répète Emmanuel Macron « l’Etat compensera au centime près », le « cadeau » qui l’a propulsé à l’Elysée n’en sera pas un. Pourquoi ? Car l’Etat c’est vous, c’est nous, ce sont tous les Français.

Pendant ce temps, la pression fiscale augmente inexorablement et Emmanuel Macron s’inscrit depuis un an dans la continuité du choc fiscal de son prédécesseur François Hollande. Les courbes de la consommation des ménages et même de la croissance économique indiquent déjà quelque fléchissement.

Cinq ans auparavant, les Français devaient aussi se montrer « patients » alors qu’ils constataient légitimement que la réalité de l’Elysée ne correspondait déjà plus guère à la réalité quotidienne des Français. Sans vouloir faire quelque mauvais procès à Emmanuel Macron, rappelons donc 1) que Le Politique avait bien dit la vérité en mars 2017, 2) que refondre la fiscalité locale et immobilière pourrait engendrer un nouveau choc fiscal contreproductif.

Qu’un homme aussi capable qu’Emmanuel Macron ne le comprenne pas demeure un mystère. La France a besoin de stabilité fiscale à long terme et de libération des énergies économiques, et sûrement pas d’un énième bouleversement fiscal ni d’une pression fiscale augmentée.

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Emmanuel Macron vous a-t-il convaincu dans son échange avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel ?

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