Faut-il rappeler à Macron que l’on est en République ?

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Contributeur
Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur et ne sont en aucune façon celles de Le Politique. Pour la liberté d'expression, vous êtes invités à contribuer au Débat.

Le Général de Gaulle fut accusé en son temps par la gauche d’être un « monarque Républicain » et François Mitterrand parla même d’un « coup d’état permanent. »

Tout en lui étant favorable, peut-on en effet considérer qu’il fut en quelque sorte un monarque, mais le Général de Gaulle avait deux atouts majeurs que personne aujourd’hui ne peut revendiquer : il était Charles de Gaulle, le personnage historique, et il était profondément Républicain au point de quitter le pouvoir quand il était désavoué.

Depuis, la pratique des institutions de la cinquième République a profondément évolué notamment au gré des révisions constitutionnelles. Mais on observe depuis l’élection d’Emmanuel Macron, et même depuis la campagne présidentielle 2017, une évolution inquiétante de la vie politique française.

Celui qui, inconnu deux ans auparavant, réussit à être élu président de la République et à emporter une majorité absolue à l’Assemblée nationale utilise le prétexte discutable des « fake news » pour porter maintenant une loi aux germes liberticides pour la Liberté d’expression et pour la vie démocratique.

On nous répète qu’il fut victime mais au vu de la situation actuelle, qui peut véritablement penser qu’il en fut ainsi ? Vous revendiquer victime quand tout ce maelstrom vous a conféré tous les pouvoirs ou presque relève d’une audace qui ne trompe aucun analyste sérieux.

Qui contredit la parole présidentielle est donc désormais soit un « diffuseur de fausses nouvelles » soit « d’extrême droite » soit les deux, et les marcheurs de répéter inlassablement les mêmes calomnies sans un instant s’interroger sur le terrifiant amalgame d’un tel procédé. Qui s’interroge sur la politique de la nouvelle majorité présidentielle d’En Marche est soit un « populiste » soit un « imbécile ». Qui ne supporte plus guère l’unanimité médiatique en faveur de Jupiter, excessive voire fanatique, est soit un « rétrograde » soit un « affreux fasciste ».

Qui au fond ose être Républicain, user de son droit constitutionnel à débattre, exprimer une opinion même partiellement dissonante est une menace pour une majorité présidentielle dont les débuts encourageants se transforment peu à peu en chape de plomb posée sur une République affaiblie et des institutions malmenées.

Emmanuel Macron est président de la République. Il a réussi l’exploit de muter en deux ans du statut de parfait inconnu à chef de l’Etat. Personne ne nie ses qualités ni son intelligence ni même son potentiel s’il était toujours bien employé. Mais il est, comme dans toute République, au service de la France et non l’inverse. Il doit rendre des comptes à la France et non l’inverse.

Qui le conteste doit recevoir des réponses et qui le critique doit être bien traité. Mais à lire les injonctions d’En Marche clouant au pilori toute velléité de débat Républicain ou à parcourir la presse encensant systématiquement le moindre fait et geste de Jupiter, en sommes-nous à exiger du citoyen qu’il se mette au service du Président et surtout, surtout, qu’il se taise et ne pose jamais de question.

Telle situation n’est pas acceptable en démocratie. La République En Marche (LREM) n’est pas LA République. Nous sommes, collectivement et de toutes opinions, LA République française.

Il appartient donc à Emmanuel Macron, s’il tient aux institutions Républicaines, d’en préserver l’équilibre et de rappeler à l’ordre ses troupes En Marche tant leur comportement, leurs injonctions inacceptables et leurs procès permanents en « extrême droite » ou autre « complotisme » sont autant d’attaques graves contre notre démocratie.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

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