Emmanuel Macron en Afrique, un style qui détonne et assène quelque vérité

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Jacques Dubuisson est fonctionnaire à la retraite et s'intéresse aux problématiques sécuritaires.

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A plusieurs reprises a-t-on noté qu’Emmanuel Macron se distingue de ses prédécesseurs par une approche au moins théoriquement plus réaliste et vocalement plus franche.

Sur la Syrie où il ne fait plus du départ de Bachar Al-Assad un préalable obligatoire, sur la Russie avec laquelle il souhaite maintenir un dialogue fort, sur les Etats-Unis où il ignore les critiques pour nouer des liens directs avec Donald Trump, Emmanuel Macron tente une approche qui, si controversée puisse-t-elle être, a au moins le mérite de secouer le cocotier d’une diplomatie un peu trop figée dans ses habitudes.

Le voyage en Afrique a confirmé la velléité du président d’imposer un nouveau tempo à la politique extérieure de la France et exprime de la cohérence à travers son prisme toujours européen, loin de l’habituel « en même temps » de sa politique intérieure.

Ce fut l’occasion pour Emmanuel Macron d’exprimer à nouveau l’importance prioritaire de l’Afrique dans la diplomatie – notamment économique – de la France même s’il semble qu’un tel déplacement sur ce continent à la fois plein de doute et d’espoir fut prématuré à l’écoute de quelques « bons mots » parfois insuffisamment diplomatiques et à l’humour d’interprétation délicate.

Mais ô combien furent bienvenus pour ses compatriotes les mots d’Emmanuel Macron assénant quelque vérité encore jamais exprimée à ce niveau à l’occasion d’un débat avec le public de l’université de Ouagadougou (Burkina Faso) que les trafiquants d’esclaves en Libye « ce sont des Africains, pas des Français, » que « le Franc CFA, personne n’oblige un Etat à en être membre, » que « président de la République française, je n’aurais pas soutenu l’intervention militaire en Libye » ou encore que « vous ne devez qu’une chose pour les soldats français : les applaudir ! »

L’Afrique est bien assez grande pour qu’on lui parle franchement et Emmanuel Macron lui a parlé en ami. On ne peut donc pas critiquer la « Françafrique » et oublier tout ce que la France fait en Afrique, avec l’Afrique et pour l’Afrique avec un sincère humanisme et pas seulement le sens des affaires. Certes le style Macron n’est pas celui de De Gaulle mais 2017 est-il 1967 ?

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Jacques Dubuisson

Jacques Dubuisson est fonctionnaire à la retraite et s'intéresse aux problématiques sécuritaires.

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