La controverse sur Manuel Valls et l’Islam justifie Manuel Valls

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A l’occasion d’un débat organisé le 21 novembre 2017 par le quotidien espagnol El Pais, Manuel Valls a parlé du « problème de l’Islam, des musulmans » comme la source d’une « crise d’identité » étendue à toute l’Europe.

Estimant qu’il faut cesser d’affirmer que l’islamisme n’a rien à voir avec l’Islam et qu’il conviendrait au contraire « d’aider l’Islam et les musulmans à l’extirper de leur sein, » Manuel Valls a suscité la polémique au motif d’abord qu’il a longtemps soutenu une politique qui n’aurait pas assez lutté contre le développement de l’islamisme lors du mandat de François Hollande. Ensuite parce qu’il romprait selon ses détracteurs avec le principe du « pas d’amalgame » entre l’Islam et l’Islamisme « qui est responsable des attentats. »

En réalité si Manuel Valls suscite tant de réactions, c’est probablement parce qu’il aborde directement l’angoisse existentielle qui anime de nombreux Européens. Profondément traumatisés par les attentats perpétrés ces dernières années, et quand bien même fut-il de bon ton à gauche de le nier, est-il notable que de nombreux Européens nourrissent une profonde inquiétude à l’égard du développement de l’Islam en Europe.

Loin pour autant d’établir quelque amalgame et l’absence d’actes de représailles post-attentats le prouve, les Européens font preuve de dignité autant qu’ils s’interrogent de plus en plus sur la croissance d’une idéologie qui constitue, aux yeux de beaucoup comme à ceux de Manuel Valls, le contraire de leurs valeurs, de leur culture et de leur mode de vie.

Ce qui choque ne serait donc pas ce que dit Manuel Valls mais le fait qu’il exprime aussi ouvertement ce que pense la majorité des Européens. Après des années d’enfouissement organisé, la vérité surgit telle une surprise médiatique alors qu’elle a toujours été là tapie au fond des consciences des humanistes, des Républicains, des Européens, des citoyens épris de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

Qu’un responsable politique, qui plus est ancien premier ministre socialiste, ait choisi de passer à l’offensive a de quoi surprendre en effet un monde politique aseptisé et dont la passivité a tellement duré. Dès lors peut-on critiquer les mots de Manuel Valls mais bien difficile serait-il de contester la validité de son constat. A la taille de la controverse qu’il suscite, comprend-t-on que Manuel Valls n’a plus guère besoin de se justifier puisque la réalité semble parler pour lui.

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