Disruptif ou naïf ? Nicole Belloubet souhaite aussi « déradicaliser »

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Le 25 octobre 2016, l’ex-Garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas a lancé le programme « Recherche et intervention sur les violences extrémistes » (RIVE) * qui consiste en la prise en charge en milieu ouvert d’individus déjà condamnés ou en attente de leur jugement, pour radicalisation violente et/ou infraction en lien avec une entreprise terroriste. (1)

Suite à des retours « très positifs » sans toutefois aucune autre précision, son successeur place Vendôme, Nicole Belloubet, qualifie RIVE « d’extrêmement intéressant » et rappelle que les prisons françaises accueillent au moins « 500 détenus très radicalisés et 1.500 autres en voie de radicalisation. »

Quatorze personnes – éducateurs, psychologues, psychiatres, imams – composeraient l’équipe qui traite avec les détenus sur une durée d’un an environ. Après l’échec pourtant prévisible des « centres de déradicalisation », RIVE devrait à nouveau poser la question de l’utilité d’un tel programme et surtout de son rapport coût/efficacité bien difficile à établir.

Aussi, rappelons qu’aucun dispositif de ce type n’existe pour toute catégorie de population autre que les « radicalisés » créant donc de fait une certaine « exceptionnalité » à une mouvance terroriste dont certains criminologues estiment qu’elle ne devrait justement recevoir qu’un traitement judiciaire.

Les programmes similaires lancés aux Etats-Unis en vue de « contrer la violence extrémiste » (Countering Violent Extremism – CVE) n’auraient pas donné de résultats suffisamment probants et sont considérés par la majorité Républicaine actuelle comme un « poste avancé du politiquement correct. »

Reste donc à constater si tous les moyens mis en œuvre par le gouvernement et financés par les Français pour « déradicaliser » les islamistes en prison donneront le résultat espéré. Une majorité de ceux en charge de notre sécurité nationale semble plutôt sceptique quant à l’intérêt d’un tel programme, estimant une fois de plus que le gouvernement se concentre sur les effets et pas sur les causes.

* D’autres publications ont décrit RIVE comme un « dispositif secret » pourtant son existence fut-elle annoncée publiquement par une déclaration de Jean-Jacques Urvoas en octobre 2016 et des détails sont accessibles via Sécuriser les prisons et lutter contre la radicalisation (justice.gouv.fr, 25 octobre 2016).

(1) Dans le Plan d’action de Jean-Jacques Urvoas Garde des Sceaux, ministre de la Justice, présenté le 25 octobre 2016 peut-on notamment lire:

 

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