Les ordonnances Macron vont-elles vraiment « dans le bon sens » ?

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Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur.

Par Gérard Imbert, ancien dirigeant d’entreprise, représentant de François Fillon pendant la campagne présidentielle 2017 dans l’Hérault (34).

Laurent Wauquiez et bien d’autres avant lui l’ont affirmé : les ordonnances Macron « vont dans le bon sens ! » Ils ont tous bien vite oublié les objectifs que les sympathisants de droite avaient approuvés massivement lors de la primaire ouverte de la droite et du centre. Pourtant, un état des lieux s’impose et il n’est pas exhaustif.

Plus personne ne parle de l’abolition des 35 heures, alors que « toutes et tous » s’accordaient à dire que cette potion amère infligée par Martine Aubry plombait le dynamisme des entreprises et avait plombé durablement l’efficacité des services publics, notamment dans le domaine de la santé.

Le code du travail complété vient d’être publié : il comprend environ 250 pages supplémentaires alors que l’objectif que nous avions était de le ramener à 300 pages et de renvoyer aux branches et à l’entreprise l’essentiel du dialogue social.

Il n’y a pas eu, quoiqu’on en dise de simplification des procédures de licenciement : la notion de cause réelle et sérieuse n’a pas été précisée. Un chef d’entreprise ne peut toujours pas licencier sans risquer une condamnation prud’hommale un salarié incompétent ou qui refuserait de prendre son poste après une femme. Les conseils prud’hommaux ont encore de beaux jours devant eux.

Pire, les indemnités de licenciement dues par l’entreprise pour les salariés ayant une ancienneté « faible » ont augmenté de 25% ! Aussi, le plafond imposé aux conseils prud’hommaux se situe dans la moyenne haute des condamnations qui ont été appliquées ces dernières années.

La modification des seuils sociaux (plus de 10 et plus de 50 salariés) n’a pas été retenue. Elle faisait partie des engagements de François Fillon et cette mesure aurait libéré efficacement les emplois potentiels dans les PME. De même, la limitation du nombre de mandats des représentants du personnel et des délégués syndicaux a été enterrée.

Enfin, l’inversion de la hiérarchie des normes, présentée comme une grande victoire, est d’ores et déjà détricotée. Les syndicats du transport routier et plus récemment les dockers ont obtenu que pour leur secteur d’activité cette inversion soit limitée, notamment pour ce qui concerne l’attribution des primes et autres avantages.

Il y a fort à parier qu’à nouveau la réforme de la formation professionnelle passera aux yeux de « nos » politiciens de droite comme une grande réforme que nous n’avons pas su faire : ils n’ont sans doute pas entendu la Ministre annoncer que les droits à la formation professionnelle seraient désormais ouverts auxdélégués du personnel !

Messieurs les dirigeants de la droite (ou ce qu’il en reste), il serait peut-être temps d’ouvrir les yeux et de cesser les discours qui ne masquent plus votre méconnaissance des dossiers.

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Gérard Imbert

Gérard Imbert, ancien dirigeant d’entreprise, a représenté François Fillon pendant la campagne présidentielle 2017 dans l’Hérault (34).

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