Lettre à Anne Hidalgo et aux anti-voitures, j’ai privilégié le train et ce fut un cauchemar

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Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur.

Une fois n’est pas coutume mais ces quelques mots sont le fruit d’une expérience personnelle d’où l’emploi de la première personne du singulier. J’ai beau être de droite, j’aime aussi la nature, je respecte la faune et la flore et ne décolère pas devant les comportements dommageables pour notre environnement. (1)  Ces dernières semaines, j’ai donc choisi de n’utiliser que les transports en commun pour me déplacer et principalement les trains de la SNCF. Je vous donne immédiatement la conclusion d’une telle expérience : ce fut un cauchemar et pourtant j’ai toujours aimé les trains.

Malheureusement beaucoup trop de retards significatifs – de plus de quinze minutes pour plus des deux tiers des trajets empruntés – voire des trains tout bonnement « supprimés » inopinément ont rendu extrêmement épique voire carrément hystérique la gestion de mes diverses obligations. Partant du principe élémentaire qu’il convient d’être à l’heure à un rendez-vous tant pour ma propre productivité que par respect pour mes interlocuteurs, je puis affirmer que tout faire en train annule finalement toute idée de bienséance tant parfois l’on espère juste enfin arriver à destination.

C’est pourquoi je reste sans voix devant les affirmations péremptoires de ceux qui pour leur confort parisianiste – et souvent propriétaire d’un véhicule bien polluant qui dort au garage – font la guerre aux voitures au motif que seul « l’égoïste » refuse de prendre les transports en commun pour rouler dans son véhicule unipersonnel, symbole éclatant du capitalisme rampant et de la ghettoisation mobile. Sauf qu’à ces individus si animés par la haine de ceux qu’ils caricaturent je réponds qu’aucun égoïsme ne préside au choix d’être à l’heure, de respecter ses interlocuteurs et de ne pas gâcher des journées entières dûment planifiées.

A celui qui renonce, malgré lui, au train de la SNCF pour finalement reprendre sa voiture préside simplement le réalisme de ne pas se faire virer et/ou de ne pas finir détesté par ses interlocuteurs. Dans ces conditions et considérant combien il est difficile et coûteux de n’emprunter que les transports en commun, force est de constater que l’automobile demeure le moyen de locomotion le plus efficace quand vous vivez régulièrement et géographiquement au-delà de la banlieue parisienne.

A Anne Hidalgo, maire de Paris, en croisade anti-voitures et à ceux qui la soutiennent, je les invite – tout en leur souhaitant « bonne chance » – à ne plus prendre que les trains de la SNCF et les transports en commun puis à constater. Ils seront perpétuellement en retard, partageront la joie d’arriver à la gare pour constater que leur train est « supprimé », expérimenteront une promiscuité involontaire avec divers semblables itinérants et réaliseront qu’entre le dogmatisme d’un prétexte écologique et la réalité quotidienne du Français moyen, le gouffre est gigantesque.

Qu’ils aillent donc comme moi explorer ce gouffre plutôt que d’intimer à « celui qui n’est rien » d’abandonner son horrible automobile, et qu’ils vendent aussi leurs véhicules bien souvent polluants confortablement garés dans leurs garages des « beaux quartiers. » Quant à la SNCF et à ses travailleurs, qu’ils sachent que je connais leur professionnalisme, que je ne leur demande pas l’impossible et que je comprends combien en raison du principe de précaution sont-ils parfois chargés d’une tâche fort difficile. Cependant et malheureusement, les anti-voitures ont tort et leur monde relève plus de la fiction que de la réalité objective.

Il me semble donc plus qu’urgent, Anne Hidalgo en tête, qu’ils reviennent enfin au réel.

(1) Précision utile et ironique pour ceux qui estiment que seule « la gauche » a le monopole de l’écologie et du respect de l’environnement.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

6 pensées sur “Lettre à Anne Hidalgo et aux anti-voitures, j’ai privilégié le train et ce fut un cauchemar

  • 12 octobre 2017 à 16 h 50 min
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    Pour vivre votre expérience depuis plus de 15 ans dans la ville de notre « bon » ministre de l’intérieur, je ne peux que m’associer et confirmer votre constat. Dans les anti-voitures, hormis ceux qui sont guidés par le dogme dur et pour lesquels on ne peut plus rien, il y a deux catégories : Ceux qui possèdent eux, voiture de fonction avec chauffeur et pour qui il est très confortable d’interdire aux autres. Mme la maire de Paris ne doit certainement pas prendre la RATP pour ses trajets, tout comme notre « bon » ministre de l’intérieur, alors maire de la capitale des Gaules, n’était pas utilisateur assidu des TCL. La deuxième catégorie sont ceux qui peuvent se payer le luxe de travailler à quelques encablures de leurs domiciles et qui peuvent alors s’offrir des trajets à pieds ou, au pire, à vélo. En tout état de cause, ce sont bien ces deux catégories de personnes qui véritablement sont les égoïstes dans cette affaire, la suppression des voitures leur étant largement plus profitable et confortable, sans répercutions négatives sur leur petit quotidien. Et comme l’écologie peut justifier de tout, ils ne s’en privent pas. En revanche, pour nous qui ne sommes rien, c’est l’aventure au quotidien de savoir si on va pouvoir arriver ou non à destination avant même de se demander avec combien de minutes voir d’heures (si, si) de retard. Notre Président semble prendre le vent de la mobilité à tout va, mais sans une amélioration significative de la fiabilité des transports en commun, et au premier chef la SNCF, tout ceci n’ira nul part ailleurs que dans un mur.

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    • 12 octobre 2017 à 17 h 06 min
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      Merci beaucoup pour votre lecture attentive et pour votre clair témoignage.

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  • 13 octobre 2017 à 14 h 02 min
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    J’ai souvenir d’un temps où la gloire de la SNCF était la ponctualité, les correspondances réussies, etc… Et où la circulation en voiture était synonyme d’embouteillages à n’en plus finir (ça ça n’a pas changé!). Mais que s’est-il passé à la SNCF? Des restrictions budgétaires, le découpage en morceaux de l’entreprise, la privatisation par morceaux aussi, la baisse des effectifs, etc… Bref cher monsieur de droite comme vous dites, ce sont ceux qui ont les mêmes convictions que vous et pour lesquels vous avez du voter qui ont fait ça (y compris ceux qui se disent de gauche mais ont fait la même politique). Alors vous interpellez Anne Hidalgo, mais je pense que vous pouvez allonger la liste de manière bien plus pertinente en incluant tous les élus LR, PS, Modem, UDI, FN, … et les dirigeants de leurs partis. Et vous pouvez inclure tout de suite les élus LREM et leur grand manitou EM!

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    • 13 octobre 2017 à 14 h 12 min
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      Bonjour et merci de votre commentaire. On peut être « de droite » et défendre le service public. Je ne suis personnellement pas pour la privatisation des infrastructures indispensables au bon fonctionnement du pays et cela inclut la SNCF. Je précise d’ailleurs ne pas lui demander l’impossible considérant les restrictions dont elle a fait l’objet ces dernières années. Je jette donc la pierre « aux politiques » bien plus qu’à la SNCF stricto sensu. Les travailleurs de la SNCF aiment leur entreprise et souhaiteraient justement que cessent les dysfonctionnements que j’aborde. A bientôt sur Le Politique 🙂

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  • 16 octobre 2017 à 9 h 06 min
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    Je comprends bien que ça à l’air dure pour toi de te passer de voiture. Je pense que dans ce débat il n’y a que des gens profondément honnêtes et intègres, et je pense qu’il vaut mieux éviter les généralités comme « les anti-voitures ». Je pense qu’il y a autant d’arguments différents pour ceux qui n’utilisent pas de voiture que pour ceux qui en utilise. Plutôt que de ce stigmatiser, il faudrait mieux à mon avis qu’on puisse discuter entre nous pour pouvoir « s’arranger ». Et décider tous ensemble que la société et la planète peuvent supporter que quelques-uns utilisent des voitures puisqu’ils en ont besoin et en parallèle mettre en place des solutions (qui sont multiples, voir infinies) pour ne plus/pas, ou pour moins polluer.

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  • 17 octobre 2017 à 9 h 10 min
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    Que du flan, c’est completement faux. Je prends les trains et les transports en commun depuis la region parisienne depuis plus de 10 ans. Les trains ont une ponctualité de plus de 90%. C’est bien à cause de gens comme vous qu’il faut imposer pour avancer car vous racontez des mensonges pour bloquer l’evolution de notre societe a votre petit profit.

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