L’Etat a failli et pouvait empêcher l’assassinat de Laura et Mauranne

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Les opinions exprimées ci-dessous sont uniquement celles de l'auteur.

A la multiplication des attentats terroristes en France répond une tendance croissante et probablement significative pour les responsables politiques, à savoir la défiance.

L’assassinat de deux jeunes Femmes, qui plus est cousines et donc d’une même famille – les « politiques » prennent-ils la mesure du drame ? – en pleine journée à la gare Saint-Charles par un individu de nationalité tunisienne présumée très défavorablement connu des services de police, en situation irrégulière et usant de plusieurs identités souligne tout autant la gravité de la menace terroriste que la grave lacune de l’Etat. (1)

Quelque peu débordé par un terrorisme aux multiples modi operandi et disposant d’un effectif opérationnel aussi croissant qu’imprévisible, l’Etat se trouve peu à peu pris au piège de la tactique de débordement souhaitée – et dûment annoncée – par les groupes djihadistes au premier rang desquels l’Etat Islamique (EI). Enfermés dans un déni dont ils ne subissent pas les effets, nombre de membres du gouvernement d’Emmanuel Macron semblent n’avoir toujours pas réalisé la gravité d’une situation qui, à force de susciter de l’angoisse et d’endeuiller des familles, nourrit les ferments de la désunion et la radicalisation tous azimuts.

Depuis des années et malgré des recommandations répétées relevant du bon sens, les gouvernements européens s’entêtent à garder grandes ouvertes les frontières, facilitant de fait la circulation, la logistique et l’armement des terroristes. Quand bien même les frontières ne sont pas la panacée, elles pourraient compliquer la tâche de l’ennemi et permettre à l’Etat de traiter la situation intérieure avec moins de préoccupations extérieures. Malheureusement, l’actualité la plus récente montre que la menace intérieure est devenue si grande que celle en provenance de l’extérieur semble n’être déjà plus prioritaire.

Lorsqu’un individu tel que le terroriste de la gare Saint-Charles est autorisé à circuler, en toute irrégularité sur le territoire national, alors qu’il a multiplié les infractions, l’Etat se trouve directement responsable de ses actes et pourrait se voir attaqué pour faute inexcusable considérant qu’il n’a sciemment pas pris les mesures élémentaires qu’imposait l’application juste et légale du droit. A cette faille béante qu’une enquête administrative ne suffira pas à combler, doit répondre un véritable bouleversement des habitudes politiques en matière de sécurité intérieure.

La vraie révolution consisterait enfin à extirper l’idéologie politique de ses objectifs pour ne rechercher que la véritable efficacité à savoir empêcher tout nouvel attentat et traiter définitivement la menace terroriste. Empêcher l’assassinat de citoyens Français chez eux ne relève pas de la politique mais du devoir de l’Etat qui trouve sa justification dans l’exercice de la violence légitime.

Constatant non seulement l’impuissance mais aussi la faute de l’Etat qui a en partie conduite à l’assassinat de ces deux jeunes Femmes à Marseille, un nombre croissant de citoyens a porté sa critique plus sur l’Etat que sur le terroriste lui-même, estimant que l’Etat a failli de trop nombreuses fois quand cela aurait pu être évité si l’idéologie politique et la bien-pensance ne s’ingéraient pas dans la sécurité nationale. Le dogme des frontières ouvertes et de la tolérance incompréhensible pour des individus notoirement hostiles doit cesser, il s’agit d’une question de vie et de mort pour nos concitoyens et peut-être même pour notre République.

Il s’agit du devoir principal du président de la République et de l’exécutif politique. Confondre idéologie et renseignement, opinion et sécurité nationale sont une recette pour le désastre. Seules des décisions politiques courageuses et de bon sens peuvent contenir ledit désastre qui, de plus en plus, nous échappe collectivement au point de mener certains observateurs – pourtant éloignés de tout extrême politique – à parler de « guerre civile. » Tout doit être fait pour l’empêcher.

Enfin, et au-delà des lignes écrites ci-dessus, nos pensées et celles des Français sont aujourd’hui pour la famille, les proches et les amis de Laura et Mauranne.

(1) La responsabilité est politique et ne concerne pas les effectifs résolument et courageusement engagés dans la lutte contre le terrorisme.

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Charles Rault

Charles Rault est analyste et s'intéresse aux questions internationales et politiques.

2 pensées sur “L’Etat a failli et pouvait empêcher l’assassinat de Laura et Mauranne

  • 5 octobre 2017 à 15 h 59 min
    Permalink

    Trois choses devraient dominer l’action anti-terroriste:
    1) la clairvoyance des juges qui aura pour effet de ne plus raccourcir la peine de prison des
    terroristes condamnés ou d’exonérer des terroristes pour des actions commises, en appliquant
    strictement les dispositions du code pénal: atteinte à la sécurité de l’Etat intérieure et/ou
    extérieure,
    2) la disparition de l’hypocrisie qui traite d' »islamophobe » celui ou celle qui ose traiter les terroristes
    islamiques d' »islamiste » ou de « terroriste »,
    3) la rupture avec l’Arabie saoudite qui continue à financer les terroristes islamistes
    4) la fermeture des mosquées salafistes qui prêchent l’islamisme
    Wauquiez cite 5 mesures anti-terroristes mais ne mentionne pas cette mesure.
    Seuls François Fillon et Macron l’avaient projetée , mais Macron semble l’avoir oublié.
    5) une collaboration et un contrôle coordonnés intensifiés des frontières au niveau de l’Europe et de ses Etats membres

    Répondre
  • 9 octobre 2017 à 17 h 40 min
    Permalink

    le point 4… »Macron semble l’avoir oublié »…c’est un grand distrait !

    Répondre

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