Maël de Calan : « Je défends la ligne d’une droite sérieuse, crédible et cohérente »

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Conseiller économique d’Alain Juppé en 2014, élu Conseiller départemental du Finistère depuis 2015 et candidat aux élections législatives à Morlaix en 2017, Maël de Calan a adhéré dès ses 18 ans au RPR et à l’UNI en 1998.

Presqu’un « vieux routier de la politique » avec à 36 ans déjà 18 ans de militantisme, l’ex-responsable des jeunes UMP à Paris est souvent décrit comme le candidat juppéiste voire même comme l’anti-Laurent Wauquiez.

Ambitieux, Maël de Calan n’a pas envie que « Les Républicains (LR) finissent dans une cabine téléphonique avec quatre personnes » et entend défendre une autre ligne à savoir celle « d’une droite sérieuse, crédible et cohérente. » Sans nier les clivages, Maël de Calan rappelle son attachement à « une droite de gouvernement qui assume la complexité du pouvoir. »

Candidat à la présidence des Républicains (LR) et arrivé en troisième position avec un score de 7% à notre sondage internet proposé entre le 29 août et le 5 septembre 2017, Maël de Calan a répondu ci-dessous à trois questions de Le Politique:

Interview

Questions posées à Maël de Calan par Charles Rault pour Le Politique.

1) Avec votre collectif La droite pour gagner, vous souhaitez rassembler « toutes les sensibilités du parti » en vue de transformer les Républicains (LR) en une « droite ouverte. » Quels sont vos principaux arguments pour convaincre LR qu’il faut, selon vous, « incarner la diversité » et « dépasser les clivages » ?

Les clivages que nous voulons dépasser, ce sont ceux de la Primaire ! Si nous ne parvenons pas à tourner la page, et si nous persévérons comme le font certains dans la voie de la rancœur, du sectarisme et du complotisme, nous condamnons les Républicains. C’est la raison pour laquelle notre collectif rassemble de jeunes élus qui se sont engagés auprès de Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé ou Bruno Le Maire.

Mais nous ne nions pas les clivages qui existent au sein de la droite. Pour faire simple, deux lignes s’affrontent dans cette campagne. La première, c’est celle d’une droite clivante et protestataire, qui recherche l’opposition systématique et qui utilise sans complexe la mauvaise foi, comme on l’a vu à propos de l’ouragan Irma ou sur la baisse des emplois aidés. Sur le plan idéologique, elle semble prête à renoncer à des pans entiers de notre programme par démagogie (sur l’Europe ou la réforme économique par exemple) pour refonder les Républicains sur une ligne exclusivement identitaire et sécuritaire. Ce que je veux dire aux adhérents LR, c’est que cette vision de plus en plus étroite sur le fond et clivante sur la forme ne peut pas nous faire gagner.

Je défends une autre ligne : celle d’une droite sérieuse, crédible et cohérente. Une droite fière de ses valeurs, mais attachée à sa culture de gouvernement. Une droite européenne, libérale, ferme sur le régalien, conservatrice modérée. Une droite qui ne change pas d’avis tous les trois mois et qui sait qu’on ne gouverne pas à coup de slogans. Quand viendra le temps de l’alternance, les Français confieront les clés du pays à ceux qui auront été les plus crédibles, pas les plus bruyants.

2) Militant politique depuis 1998 et élu au conseil départemental du Finistère en 2015, vous êtes sensiblement moins connu que d’autres candidats à la présidence des Républicains (LR) et êtes souvent présenté dans les médias comme le candidat d’Alain Juppé. Peut-on vraiment vous considérer comme le représentant de la « ligne Juppé » et comment pensez-vous combler votre déficit de notoriété auprès des adhérents LR ?

Je suis bien conscient de mon déficit de notoriété par rapport à Laurent Wauquiez. Cette campagne est précisément une opportunité pour le combler, faire émerger de nouveaux visages, et montrer que la réponse des Républicains à Emmanuel Macron, ce n’est pas le retour de la vieille garde !

Sur le fond, ce que je partage avec Alain Juppé, c’est la conviction que la droite peut être ferme sur ses idées, tout en étant ouverte et à la recherche d’un équilibre. Comme lui, je suis profondément attaché à l’idée d’une droite de gouvernement qui assume la complexité du pouvoir, par opposition à une droite contestataire qui se complait dans des propos d’estrade.

Mais la démarche que je porte avec tout un collectif de « nouveaux visages » des Républicains dépasse les clivages de la Primaire. De nombreux électeurs de François Fillon par exemple, qui attendent une droite sérieuse, qui parle un peu moins mais agisse un peu plus, peuvent se reconnaître dans notre démarche.

3) Votre proposition de « renouveau » et de « besoin de fraîcheur » chez les Républicains (LR) rappelle la stratégie employée par Emmanuel Macron qui souhaitait renouveler le Parti Socialiste (PS) puis est allé trouver la fraîcheur ailleurs avec En Marche (LREM). Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent vivement « une droite ouverte pour réformer avec Macron » sur vos affiches des dernières élections législatives ?

Je suis engagé à droite depuis mes 18 ans, quand j’ai pris ma carte au RPR, et je ne m’en excuse pas. J’ai repris en 2015 un gros canton à la gauche dans le Finistère, et j’ai échoué avec 48% face à une candidate « En Marche », à faire basculer une circonscription historiquement ancrée à gauche. Peu de ceux qui m’attaquent peuvent en dire autant.

Nous sommes dans l’opposition parce que nous avons perdu les élections, parce que notre projet n’est pas mis en œuvre dans toute sa force, et que nous avons de nombreux désaccords avec Emmanuel Macron. Sur les questions fiscales avec la suppression de la taxe d’habitation qui creusera les déficits ou la hausse de la CSG ; sur les retraites, avec le refus du gouvernement de toucher à la durée de cotisation au risque de mettre les régimes en faillite ; sur la baisse des crédits militaires qui menace nos armées ; sur l’extension de la PMA qui va diviser les Français …

Mais je pense aujourd’hui comme hier, que notre rôle est de pousser Macron à aller aussi loin que possible dans le sens des réformes, plutôt que de nous opposer de manière pavlovienne et sectaire, et d’espérer son échec pour prendre sa place.

La politique, ce n’est pas la guerre civile. La droite peut à la fois marquer ses désaccords, soutenir les mesures qui vont dans le bon sens, et surtout être à l’initiative pour pousser le gouvernement à être plus audacieux.

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