Julien Aubert : « Dans un parti de Droite, tenir un discours de Droite, c’est évident »

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Julien Aubert, député LR de la 5ème circonscription de Vaucluse depuis 2012, écrivait lors de son élection n’avoir « hérité ni titres politiques, ni fiefs électoraux. »  Diplômé de Sciences-Po Paris, de l’université Johns-Hopkins (SAIS) et de l’ENA, il fut nommé à la Cour des comptes et travailla aux Nations unies.

Rejoignant Henri Guaino en 2009 à la mission interministérielle Union pour la Méditerranée, projet diplomatique phare de l’ex-président Nicolas Sarkozy, Julien Aubert devient un « Young Leader » de la French-American Foundation en 2013.

Notamment actif sur les sujets relatifs à la transition énergétique, au RSI et au Mariage pour tous à l’Assemblée nationale, Julien Aubert se revendique gaulliste social et souverainiste. Le 3 septembre 2017 a-t-il annoncé sa candidature à la présidence des Républicains (LR).

Plaidant pour un souverainisme « pro-européen », Julien Aubert a répondu ci-dessous à trois questions de Le Politique :

Interview

Questions posées à Julien Aubert par Charles Rault pour Le Politique.

1) Lorsque vous avez été élu député en 2012 pour la première fois, vous promettiez d’être « utile. » Qu’entendiez-vous par là et ferez-vous la même promesse aux adhérents et plus largement aux électeurs Républicains (LR) ?

Les Français ne votent plus car ils sont persuadés que les politiques ne peuvent plus changer leur vie. En oeuvrant sur des dossiers concrets, avec un impact au final, j’ai voulu montrer le contraire. Pour cette élection, je prétends pouvoir dépasser celui « des utilités » (sourire) et promettre aux Républicains un vrai big-bang organisationnel et culturel, mais en enracinant ce changement dans un retour à notre histoire (le compagnonnage, le gaullisme).

2) La droite n’a jamais paru aussi divisée à tel point qu’il semble parfois plus approprié de parler « des droites. » Considérant la force du Front National (FN) et l’abstentionnisme croissant à droite, les Républicains (LR) doivent-ils plutôt se « droitiser » ou se recentrer ?

Les Républicains doivent parler aux gens. Je n’ai toujours pas compris ce qu’on appelle « droitisation » : dans un parti de Droite, tenir un discours de Droite, c’est un point de départ évident. Pourquoi ne s’inquiète-t-on jamais de la « gauchisation » ?

En revanche, je milite pour une organisation confédérale du type CDU-CSU avec deux formations séparées par la question de l’avenir de l’Etat-Nation. La première, européiste et décentralisatrice, parlerait au centre. La seconde, euro-sceptique et jacobine, parlerait aux déçus de la Droite.

Les deux auraient chacun leur identité, un ancrage local différent, une direction propre, mais un Président unique, chargé d’arbitrer les points de clivage.

3) Par votre positionnement de « gaulliste social » et de souverainiste, vous évoluez politiquement à l’opposé de votre ancien camarade de l’ENA, Emmanuel Macron. Après la large victoire de ce dernier en mai 2017, pourquoi êtes-vous convaincu que le souverainisme a de l’avenir ?

La grande injustice des dernières années est d’avoir fait passer ceux qui sont attachés à leur pays, à sa destinée, et à la maitrise de son sort, pour des affreux réactionnaires. On peut être « souverainiste » et pro-européen. On mélange euroscepticisme et anti-européanisme, à dessein. Macron propose une souveraineté européenne, c’est à dire un peuple européen.

Cela peut sembler lointain ou théorique au lecteur, mais on peut le poser plus simplement : vous êtes propriétaire de votre appartement ? Que penseriez-vous d’un système où vos voisins seraient aussi co-propriétaires au nom de la destinée commune du syndic et pourraient demain vous imposer le choix de la couleur des rideaux ?

L’autre définition de la souveraineté, c’est la liberté. Elle a un avenir, ou alors la France n’en a plus.

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Une pensée sur “Julien Aubert : « Dans un parti de Droite, tenir un discours de Droite, c’est évident »

  • 18 septembre 2017 à 0 h 00 min
    Permalink

    Ce monsieur paraît être clair dans sa tête et de formation solide, donc un bon candidat.

    Répondre

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