Interview de Florence Portelli, candidate à la présidence des Républicains (LR)

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Elue Maire de Taverny en 2014, nommée membre du bureau politique national de l’UMP en 2015 par Nicolas Sarkozy, vice-présidente du groupe LR au conseil régional francilien et ancienne porte-parole de François Fillon pour l’élection présidentielle 2017, Florence Portelli est candidate à la présidence des Républicains (LR).

« Conviction, clarté et combativité » sont les mots qui semblent le mieux qualifier son tempérament tant Florence Portelli plaide son long militantisme depuis son adhésion au RPR en 1996 et sa fidélité comme autant de preuves de sa loyauté et de sa pugnacité.

Classée deuxième parmi sept candidats différents d’un premier sondage internet proposé par Le Politique en vue de l’élection à la présidence LR avec 26% et 1.144 votes sur 4.365, « Florence Portelli réussit actuellement une telle percée qu’elle est déjà un acteur avec lequel la droite doit et devra compter aujourd’hui et demain, » estime Charles Rault, analyste et animateur de Le Politique.

Incarnant habilement la « génération 2014, » Florence Portelli a répondu ci-dessous à trois questions de Le Politique:

Interview

1) Certains « ténors » ont préféré renoncer mais pas vous. Quelle est la raison principale qui motive votre candidature alors que la droite n’a peut-être jamais été aussi dispersée voire désemparée ?

Je suis d’abord une militante, et je reste fidèle et loyale à ma famille politique. Renoncer, c’est se résigner à laisser le champ libre à Macron et aux extrêmes. Ce n’est pas dans mon tempérament. Pendant les présidentielles, en tant que porte-parole de François Fillon puis des Républicains pendant les législatives, je n’ai jamais songé à quitter le navire, même au plus fort de la tempête. Si certains ont préféré se planquer, je suis restée mobilisée aux côtés des militants qui ont porté jusqu’au bout l’étendard de nos valeurs.

Je veux redonner sa fierté à la droite et rendre notre parti plus attractif aux yeux des Français. Un parti attractif, c’est un parti avec des instances renouvelées et modernisées. C’est un parti plus démocratique qui donne la parole à ceux qui incarnent le renouvellement et qu’on n’écoute plus. Il faut en finir avec les arrangements de couloirs et le copinage pour remettre le mérite au cœur de notre fonctionnement. Je veux casser la verticalité du parti en renforçant les moyens d’action des fédérations locales pour que les décisions ne soient plus systématiquement prises dans le huis-clos du siège national à Paris. Je veux engager un véritable travail de détection des nouveaux talents, de formation et de promotion des militants les plus méritants. Pour renouer avec les Français, nous devons aussi nous réapproprier les sujets dont nous ne parlons plus comme ceux des fractures territoriales et sociales, l’identité nationale ou encore la culture et l’écologie. Il y a beaucoup à faire, et je crois avoir fait la preuve de ma loyauté et de ma pugnacité.

2) On constate depuis 2012 et le départ de Nicolas Sarkozy combien toute une partie de la droite dite « assumée » ne se reconnait ni dans le Front National (FN) ni dans les Républicains (LR). Constituant une part significative des abstentionnistes, ils souhaitent une « vraie droite », qu’en pensez-vous et que proposez-vous pour les faire « revenir au bercail » ?

Il n’y a pas de « vraie droite », de « droite sociale » ou « droite dure ». Ce sont des slogans, pas une ligne politique. Moi je suis de droite, je l’ai toujours assumé sans jamais me cacher. Je suis issue de cette génération qui s’est engagée au RPR avec Philippe Seguin. On voit ressortir du bois les défenseurs de la « vraie droite », mais j’aurais aimé, comme les militants, qu’ils déploient leur énergie à soutenir notre projet et nos candidats pendant les campagnes présidentielle et législatives, là où la droite en avait plus que jamais besoin. Peut-être étaient-ils trop occupés à préparer le coup d’après ? La droite a besoin d’être incarnée aujourd’hui et ses leaders doivent montrer l’exemple. A nos adhérents et sympathisants qui réclament « une vraie droite », je leur dis d’être attentifs à la sincérité et à la constance de l’engagement de ceux qui aspirent à parler en leur nom. Moi je n’ai jamais dévié, quand d’autres ont des convictions à géométrie variable. Nous avons besoin de clarté et de cohérence.

3) Vous souhaitez aussi convaincre les Constructifs « de bonne foi » que leur place est chez les Républicains (LR). Face à la domination totale d’Emmanuel Macron au centre, au centre-gauche et au centre-droit, comment espérez-vous vous en différencier suffisamment pour les convaincre ?

Il n’y a pas de « domination totale » de Macron. Il a bâti toute sa campagne sur des ambiguïtés et a profité du climat des affaires pour éviter de parler des vrais sujets. La preuve, à peine trois mois après son élection, les Français s’en rendent bien compte. On nous a dit qu’on « allait voir ce qu’on allait voir », et au final qu’en est-il aujourd’hui ? Les Français sont déçus et le soufflé est d’ores et déjà en train de retomber. L’atterrissage va être rude.

Quant aux auto-proclamés constructifs, ils ne sont qu’une infime minorité de la droite et ne représentent qu’eux-mêmes. Faire croire aux Français que la droite n’est pas une opposition constructive est un mensonge. Au cours du quinquennat précédent, nous avons soutenus les textes qui allaient dans le sens de l’intérêt général, sur la loi travail ou la lutte anti-terroriste. Si je peux comprendre que certains ont pu être séduits par le discours très démagogique de Macron, d’autres ont clairement renié leurs paroles et trahis leurs engagements vis-à-vis des adhérents et de leurs électeurs. Ceux-là, qui ont donné au Gouvernement un blanc-seing en votant la confiance au Gouvernement, ils sont En Marche et se sont exclus d’eux-mêmes. Il n’y a pas d’hésitation à avoir. Lors du dernier bureau politique, j’ai plaidé pour acter leur départ, quand d’autres qui se revendiquent aujourd’hui de la « vraie droite » aujourd’hui ont refusé d’en faire de même. C’est donc ça la nouvelle façon de faire de la politique ?

Néanmoins, il est évident que le parti doit se réformer pour redevenir une force attractive et crédible aux yeux des Français. Il ne doit plus seulement servir de tremplin aux ambitions personnelles de quelques-uns mais doit être l’instrument de nos victoires futures, au service des militants et des élus qui se battent au quotidien pour porter les couleurs de notre famille politique dans leurs territoires. J’ai l’intime conviction que nous ne convaincrons personne de pouvoir réformer la France si nous ne sommes pas capables de nous réformer nous-mêmes.

4 pensées sur “Interview de Florence Portelli, candidate à la présidence des Républicains (LR)

  • 6 septembre 2017 à 21 h 08 min
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    Chez les Républicains la campagne est en cours avant l’élection de son Président (te) en Décembre. De ce fait les principaux médias n’en parlent peux où pas! Plus pour donner à penser que la division règne qu’ils sont à la limite de s’étriper, et l’explosion des LR est pour bientôt!
    Il n’en est rien! il s’agit d’un débat de visions et non de divisions! L’élection passée, ce parti sera encore plus à l’écoute de ses adhérents et des citoyens!
    L’expérience les compétences, avec un programme qui sera porté par celle où celui qui sera le (la) mieux placé! Le fait d’avoir Présider une région, avec toute la famille unie et plus avec elle (lui) Permettra d’avoir une réelle majorité, pour enfin sortir notre Pays de ce marasme qui n’à que trop duré.

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    • 6 septembre 2017 à 21 h 10 min
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      Bonsoir Monsieur et merci pour votre commentaire. C’est pourquoi Le Politique essaiera de couvrir cette campagne autrement et autant d’objectivité que possible.

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  • 7 septembre 2017 à 12 h 37 min
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    Florence Portelli c’est la pugnacité de la base militante des régions, génératrice d’un accord national profond, puissant et pérenne, comme celui qui entraîne Sens commun.
    Beaucoup plus convaincante finalement que Wauquiez, pressé de supplanter dès maintenant ses concurrents à la direction du siège parisien LR, comme si c’est le chef qui gagne tout seul !
    Moins intéressé à organiser l’émergence statutaire de l’expression de cette base militante, voire plus large, électorale, préparation longue, indispensable à un vrai Congrès de positions de droite – à la rentrée septembre 2018 par exemple.
    Je pense que je voterai Portelli.

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    • 7 septembre 2017 à 13 h 11 min
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      Merci Monsieur pour votre commentaire. Vous serez probablement intéressé par lire ce document.

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